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On him, who crouching in the brushwood lay, They fixed their teeth ; and baving piecemeal vent. Carried the misérable limbs away. Me by the band the faithful leader bore. And guided to the tree, winch vainly sent Unceasing tears from many a bleeding pore. In thy unhallowed life what part had 1 1 " My guide exclaimed, when nearer him we stood; " Say who wast thou, who breathest, as I see, From out so many porcs words mixed with blood? Avant tout, je demande grâce à leurs littérateurs et à la nation allemande, étranger qui n'ai Jamais habité leur pays, si j'ose me poser comme censeur ou pa- négyriste de leurs ouvrages; mais nos longues études sérieuses, commencées dès notre jeunesse sur cette langue pourront peut-être rendre excusable notre témérité.

Parmi les traductions allemandes on rencontre celle de Bachenschwanz impri- mée à Leipsick, celle de Ludwig Kannegieser en terza rima, et d'autres antérieures assez généralement tenues pour médiocres.

De nos jours se présente celle de Philaléthès. Le vers teiuUo a donné un grand avantage a railleur pour se rapprocher de la liltéralilé, des tours, des hardies- ses du poêle. Il fallait tout son courage, son talent , son savoir, sa persévérance pour se mesurer à un géant tel que Dante. On sent quel lourd fardeau on porte, en ne s'occupant même du poète que comme poète, et à plus forte raison quand on cherche à l'approfondir dans ses élémens allégoriques, théologiques, politiques, scientifiques, historiques, littéraires; et tout cela à travers les diverses écoles de philosophie, matériaux accumulés dans une élaboration savante.

Le traducteur al- lemand atlaque corps à corps son rival, comme Hercule Carus; il l'étreint dans les replis de son intelligence, le serre, le presse, le pèse vers par vers, mot par mot, car à défaut de cette tactique, qui est la vraie, le poète glisse , fuit et vous échappe. Philalétlus est resté fidèle à son principe de traduction: En fait de tra - ducteurs en vers de Dante on n'a rien à opposer à Philaléthès ni à Wright.

Ces travaux importants et tout à fait neufs n'ont point échappé à Balbo, ni à Missirini Viia di Dante. Si au lieu du vers sciolto l'auteur eût suivi en allemand le système de la terza rima de Dante, sa traduction n'aurait-elle pas acquis quelque chose de plus sans perdre de sa littéralité, quoique le mérite en soit déjà grand?

La langue allemande si savante, si poétique, si souple, si sonore n'eût-elle pas ajouté quelque chose de plus progressif à son génie, déjà si développé.

Nous devons croire que des considérations philosophiques, que ne peut pas toujours ap- précier quiconque n'est pas né et n'a pas été élevé dans une langue, détermi- nent l'écrivain dont elle est la langue maternelle quand, pour interpréter un poète, il adopte ou rejette la rime, et sur ce l'on ne peut que respecter son opinion.

Nous nous permettons de citer ici le Chant 27 du Purgatoire pour donner une idée de la traduction de Philaléthès aux personnes qui entendent l'allemand. Wie Jener ist, der in das Grab gelegt mird. Ich streckte mich, verscbrànkend meine Hânde.

Und blickt' auf s Feuer, lebhaft micb erinnernd 18 Verbrannter einst geseh'ner Menscbenkôrper. Da wandten sich nach mir die guten Fûhrer, Und zn rair sprach Virgil: Als er mich immer noeh so fest und starr sah, Sprach er etwas bcwegt: Das Haupt d'rob schûttelnd.

Dann trat er vor mir her hinein in's Feuer. S t a t i u s ersurhend, hinter mir zu gehen, 48 Der erst getrennt uns hatt' auf langer Strecke. Gleichwie bei'm Wiederkâun geduldig liegen Die Geisen, welche rasch und dreist erst waren 78 Auf Bergesgipfeln, eh' sie sich gesâttigt, Still in dera Schatten, weil die Sonne gliihet, Bewahrt wom Hirten, der, auf seinen Stecken Gelehnet, ruht und so gelehnt sie hûtet, Und wie der Schâfcr, wenn er auswàrts herbcrgt, Vor seiner Heerde ruhig ûbernachtet, 84 Wach' baltend, dafs kein Raubthier sie zerstreue, Gleich ihnen waren aile Drei wir jctzo, lch gleich der Geis, und Jene gleich dem Hirten, Und beider Seits hielt uns der Fels umschrânket.

Von Dem, vu draussen, war hier wenig sichtbar ; Dooh durch diefs Wenigc sah ich die Sterne 90 Weit leuchtender und grôsser als gewôhnlich, So d'rûber brûtend und nach Jenen schauend, Ward ich wom Schlaf erfasst, vom Schlaf, der oftmals Vor der Begebcnheit schon hat die Kunde.

In iener Stunde, glaub' ich, vo von Osten Zuerst den Berg bestrahltc C y t h e r e a, 96 Die stets zu glûhen scheint von Liebesflammen, War mir's, als sah' ich jung und schôn im Traume Ein Weib auf einem Plane sich ergehen, Das Blumen pflûckt' und singend sprach die Worte: L'Anthologie russe de a cité l'épisode d'Ugolin traduit par Streekfuss en tercets.

Hillerand, an- cien étudiant de l'Université de Giessen et de celle de Heidelberg, a soutenu une double thèse en Sorbonne pour le Doctorat, l'une en latin, de Sacro apud Chri- stianos Carminé, Dante, Milton et Klopstock.

L'autre en français, Dino Compagni étude historique et littéraire Journal des Débats juillet Dans cette même antho- logie que nous avons citée, le 2Î et le Nous devons la communication de cette note à notre ami M.

De Porry de Marseille qui très-versé dans la langue russe, dont il a tra- duit quelques poètes, peut juger du mérite des auteurs dont la langue lui est aussi familière que la langue italienne , témoin ses amours chevaleresques et ton an- thologie, les fU urs de la littérature russe.

L'Espagne moderne n'a rien mis au jour sur Dante, si ce n'est une traduction ancienne de Villegas peu répandue. Dans un ouvrage du professeur Cambouliu intitulé Essai sur l'histoire de la littérature catalane, il s'y trouve un fragment de Dante traduit en cette langue.

Codex et Éditions modernes de Dante. La bibliothèque des bénédictins de Cutané possède aussi un Codex manuscrit de la Divine Comédie et qui n'est point connu hors du pays. Le père Délia Mara a fait là dessus un travail important encore inédit, et dont nous avons une copie.

Il y relève les erreurs , les omissions de vers qu'on y rencontre de temps en temps, mais il s'y trouve néanmoins la plupart des bonnes variantes admises dans les éditions les plus correctes.

Les pères Torna- bene et Caflîci ont publié sur ce Codex diverses observations qui ont été insérées dans les actes de l'Académie de Catane. Le Paradis n'a qu'un chant.

Le manuscrit n'a jamais été terminé, le pa- pier y reste en blanc et rayé. On doit distinguer parmi les éditions de Dante en Italie celle que sous la di- rection de M. Nistri, libraire à Pise, a publiée avec les com- mentaires de Francesco Buti, ouvrage d'une belle exécution, et précieux par l'ex- cellence et l'étendue des matières, et la correction typographique. Les commentaires des vingt-quatre chants du Paradis, attribués à Pétrar- que, récemment découverts et édités à Florence par M.

Palermo, bibliothécaire du palais Pitli. En France, la nouvelle édition de Dante, traduction en prose de Pier Angelo Fiorentino, avec des illustrations, publiée par M. Hachette, magnifique publication à laquelle nous nous plaisons à rendre l'éloge qui lui est du, ainsi qu'à l'éditeur et au traducteur dont nous avons déjà parlé. Une grande querelle s'émut en Allemagne, du temps de Rabner, pour décider si I on devait rejeter ou conserver la rime dans la poésie; la discussion fut vive et soutenue par les plus grands écrivains de l'époque.

L'illustre Satirique avait même composé , contre les ëtoufleurs de la rime , une pièce de vers pour faire sentir à ses compatriotes la nécessité de la conserver. Klopstock parut plus tard, et son génie montra que le vers sciolto pouvait avoir son droit de cité sur le Par- nasse, comme aurait dit Bodmer: Auch sciolti kônnen sich auf den Parnassus schwingen ; mais malgré le génie de Klopstock la rime a été généralement conservée.

Une dis- cussion de ce genre eut également lieu en Angleterre du temps de Roscommon. II était, lui, pour la proscription de la rime, et Mi II on, en publiant le Paradis perdu, sanctionna le triomphe du sciolto. Ce qu'on ne peut nier c'est que ce vers se soutient admirablement en Allemand , en Italien, en Anglais. Il est dans le génie de ces langues comme la rime n'est pas dans celui de la langue grecque, ni de la langue latine, ni de l'hébraïque. Les cantiques de David, Job, Isaïe, Jérémie, et la plupart des autres livres saints, sont-ils autre chose que des vers scioltiï On croit , on a cru jusqu'aujourd'hui que le vers blanc, ou sciolto, ne pourrait pas se soutenir dans la poésie française, et pourquoi non?

A des époques assez distantes l'une de l'autre on avait tenté en France une réforme dans l'orthographe. Les innovateurs ne purent réussir dans leurs bizarres prétentions: Cette réforme fut et est tenue non-seuleiwnt comme absurde, mais encore comme impossible. MINAIKK Sous Duclos, sous Voltaire on revint encore à la charge dans le sens do li pre- rnière innovation, mais on ne put y gagner, malgré quelques ouvrages lancés dans le public, qu'un léger bien-être linguistique, oculaire, auriculaire, ou oral.

Jadis, quand un homme vous venait rmhraxsrr avec joie, Il fallait le payer de la même monnoie. Ce qui avait fait dire à un barbier du pays latin qui pour enseigne avait pris une oie qui rasait: Les roots devinrent plus tard la monnaie du langage. François, au dire de Voltaire, ne devait pas être confondu avec le Français, et VA fut substitué à 10 en certains substantifs, ainsi qu'aux imparfaits et aux conditionnels; innovation, à la quelle, pour ces derniers, les typographes modernes ne se conforment pas toujours; et qui pourrait rendre raison de leur caprice!

L'introduction du seiolto essayée aussi à cette époque par Voltaire, et autres ne put pas mieux réussir; c'est que le classique se maintenait dans son éclat, et son vers, osons le dire, dans son impoétique monotonie, et nul n'osait ce qu'ont osé plus tard nos poètes modernes , l'affranchir d'une partie de ses entraves, dé- chirer les langes qui l'étreignaient et l'empêchaient de se dresser indépendant, de toute, et au delà de sa fiauleur.

Le néologisme de Louis quinze, et du règne suivant ne le dominait pas encore; c'est que la langue, quoique belle, n'était pas encore assez mûre, et qu'il fallait qu'elle montât encore. Un homme de génie fait autorité quand il ose; on s'incline devant lui, on respecte son opinion, il devient le modérateur de son siècle, on l'écoute, on l'i- mite, on l'adopte.

Si Chatcaubriant, Lamennais, ou tout autre assez influent par son génie et ses écrits, au lieu de traduire mot pour mot l'un Milton, l'autre Dante, eussent essayé le vers seiolto en conservant, ce qui est facile, l'énergie, le poé- tique, et surtout l'harmonie du vers, ils eussent, je n'en doute pas, fait une ré- volution dans le langage français poétique monté aujourd'hui à une haute transfor- mation.

La poésie n'est pas toute dans la rime, elle est dans les pensées, les fi- gures, les tours, le style, le rhythme. L'enjambement de l'ancienne poésie redevenu aujourd'hui ce qu'il fut depuis que quelques poètes modernes ont commencé de le reproduire avec succès, quel- ques uns avec précaution et d'autres avec la fougue de leur génie ; ces construc- tions hardies que Ronsard avait extorquées à la langue latine, ainsi qu'à celle des Hellènes, mais en vain parce qu'il allait trop loin et qu'il manquait de goût; Racine, qui écrivait avec plus d'art, de tact, de délicatesse, a fini par les faire passer, et nos auteurs modernes les ont encore fait progresser.

L'hémistiche de rigueur, dédaigné aujourd'hui comme trop monotone, les licences poétiques plus 42 DISCOURS PRÉLIMINAIRE larges, plus Hères; le laisser-aller, l'indifférence, les irrégularités dans les rimes, leur omission , permettent au vers toute son audace, l'abandonnent à sa facile pente, à son harmonie, qui est tout à fait indépendante de la rime, mais qui n'a pas cependant le musical, le charme, la grâce du vers rimé.

Les uns y voient une langue nouvelle et bizarre, une dégénérescence flagrante, et vocifèrent même contre elle la fameuse clameur de Haro de Mézéray le normand. D'autres, et peut-être avec raison, le tiennent pour un perfectionnement , si toutefois on ne pousse pas l'innovation trop loin ; si l'on ménage avec art ces métaphores que qualifie d'empanachées Victor Hugo , qui nous apparait au milieu de nos poètes comme le Jupiter Fulgurator du néologisme.

Dans la pièce suivante d'un poète mo- derne, reproduite avec éloge par quelques journaux français, les vers que sont-ils si non des vers sciold , poétiques et très-poétiques. Au lieu de les écrire com- me des vers de dix syllabes et dans les quels l'auteur a déplacé l'hémistiche qui devait être à la quatrième, et qu'il a annulé en fesant deux vers de cinq syl- labes, écrivez-les comme des vers de cinq, ce qu'ils sont en effet, qu'aurez-vous sinon des vers sciolti soit que vous leur donniez cinq ou dix syllabe?.

C'est à toi cher fils, Toi qui fais revivre Un nom si cruel Et si doux pour moi, A toi que je veux Dédier ce livre etc. Écrire désormais en français en vers sciolti devient et deviendra possible avec le temps et avec la langue actuelle.

Traduire des vers sciolti en vers identiques, en composer, qu'on l'essaie, d'accord, bien, on peut y réussir, nous le pensons, sur- tout si l'on a une autorité, un génie transcendants pour les faire passer. Mais pour un poème rimé , la traduction qui rimera, acquerra toujours quelques beautés de plus et se rapprochera davantage de l'original sous tous les rapports: Et si l'on me passe cette comparaison, ou plutôt ce rappro- chement, c'est dans le groupe du Laocoon antique qu'il faut étudier le Laocoon de Virgile, et celui de Virgile dans le Laocoon antique.

Que sont devenus aujourd'hui cette critique d'alors sérieuse, sévère même, si l'on veut, mais toujours judicieuse, impartiale, vraie? Ces élo- ges toujours accordés au mérite, mais au mérite réel? Le temps a fait justice de la traduction d'Artaud de Montor, et surtout de son histoire de Dante Alighieri, re- gardée en Italie comme un prolisso centone a mosaica gonfktfo di cose estra- nee Note de la traduction du livre de la Monarchie.

Je n'affirme rien par moi-même, je ne fais que rapporter l'opinion des é ru- dits italiens. Antoni Deschamps a traduit en vers une quinzaine de Chants choi- sis dans les trois poèmes, parmi lesquels le 5. C'est par son livre qu'on a commencé en France à lire et apprécier mieux Dante.

A-t-il bien su éviter dans sa traduction cette poésie courtisanesque con- tre laquelle il dit dans sa préface qu'on doit se tenir en garde?

Les illustrateurs de Dante ne sauraient lui être trop reconnaissants de son travail. Sébastien Rhéal, très-versé d'ailleurs dans les choses de l'Italie, et connu par d'autres ouvrages, a traduit Dante comme on écrit un Roman ; Dante, dont la poésie est toujours grave, majestueuse, sonore, il a voulu en faire un livre agréable à lire.

La traduction de M. A roux, jugée au point de vue de la poétique, est un mé- lange de vers désordonnés, tantôt à rimes plates, tantôt à rimes croisées, ou li- bres ; sans compter que l'auteur s'embarrasse quelquefois fort peu de l'intelli- gence du texte. On regrette de voir tant de science car M. Les Saints du Paradis devenus des Rose-croix, des che- valiers Kadosh, des Noachiles ou chevaliers prussiens, descendants de Phaleg pe- tit-fils de Noé, grand architecte de la Tour de Babel; puis viennent les quinze Élus, les grands Élus, le grand Maître et le Paradis lui-même, le temple, le Sanc- tuaire de l'ordre occulte.

Aroux, votre livre prouve trop, comme on l'a déjà dit. Puis brochant sur le tout vient lhéréticilé de Dante démontrée, mais démon- trée contre l'évidence. Cette accusation d'héréticité étonnera moins quand on ré- fléchira qu'elle était devenue jadis une accusation banale. Jérôme a entaché d'héréticité Eusèbe le célèbre et savant évêque de Césarée dont il était l'ennemi déclaré: Eusebitim doclUtimum, doclimmwn dico y sed non caiholicum, reproche dont on l'a pleinement justifié de nos jours, et quelques siècles plus tard l'encomiaste de la folie ne se raillait-il pas facétieusement de ces bénévoles censeurs qui, n'osant ni!

Si comme lecture d'agrément elle est nulle, c'est la faute du système; mais ce mélange de Néologis- mes, d'Archaïsmes, ces constructions inverses quand le texte ne les porte pas, ces inversions, qui ne sont pas littéralement reproduites, ne font de cet ouvrage qu'une simple étude d'auteur sur un grand poète que le traducteur a défiguré plus d'une fois: L'introduction écrite en style mâle, vigoureux , le style de l'Indifférence en matière de religion, a substitué la félonie à la foi; on y sent le Tertullien mo- derne à qui une ambition avortée a fait prendre le bonnet phrygien: Brizcux a traduit en prose littéralement, et exposé d'une manière claire, lu- cide les pensées les plus enchevêtrées de Dante, mais d'un style un peu froid.

Moris, prose fidèle, coulante, poétique, correcte. Ménars membre de l'ins- titut, tout en rendant justice au mérite de ceux qui l'ont précédé a dit, dans sa préface, une rhose bien vraie: La sienne d'un style large, facile, harmonieux ne nous parait point inférieure en mérite à la précédente. De Mongis a traduit les trois poèmes en vers, à rimes plates; M. Ratis- bonne, dont la traduction a été couronnée et récompensée par l'Académie fran- çaise, a traduit aussi les trois poèmes en vers en adoptant le tercet français, mais non la terza rima de Dante.

Qui dit en Italien terzina dit triple rime, tandis que le tercet français n'a, dans notre langue, que deux rimes diversement combinées. Si l'on nous demande, où trouve-t-on en France les véritables interprètes de la pensée et du génie de Dante?

Mais si l'esprit de Dieu est dans le petit oiseau qui chante et qui voltige, nous ajouterons, en continuant et en para- phrasant cette pensée de Nodier: Dante au moyen âge qui, ayant puisé à des sources apo- cryphes ou peu limpides, le mutile, le déchire, le tue.

Je ne puis terminer cette énumération de traducteurs sans tourher quelques mots d'une question déjà mise en avant par Balbo, dans la vie de Dante, et qui sera comme le complément de ce qui précède. Si les étrangers avaient un Dante, il - y a long-temps que de tels travaux seraient exécutés. Plan magni- fique pour ne nous occuper que de cette dernière partie , ouvrage immense dont les matériaux épars se réuniraient avec le temps et quelque peine, et dont beau- coup d'autres pourraient encore surgir en Europe, des diverses écoles de pein- ture, attendu qu'aujourd'hui on peut dire de Dante que sa réputation est totum vulgata per orbem ; ouvrage qu'un gouvernement seul, ou une association de li- braires riches, pourrait réaliser avec le concours des artistes qu'on trouve en ce moment en Italie; ouvrage dont l'exécution est possible et qui ferait honneur au- tant à l'Italie qu'au siècle actuel, si par une souscription générale on 'élevait à la gloire du grand poète comme Musée iconographique Dantesque.

Indépendamment de la nouvelle édition que vient d'annoncer la commission établie pour la construction de la Loggia dei Lanzi à Florence, voici, je pense, sur quel plan on pourrait développer l'idée émise par Balbo. Dans cet ouvrage de luxe figurerait une vie de Dante dégagée de tontes les absurdités et les inepties qui la déparent; un texte correct établi par une réu- nion d'Académies, et définitivement fixé ; un choix de commentaires des notes lit- téraires, historiques et scientifiques.

Les portraits de Dante dans les divers âges de sa vie, les médailles an- ciennes qui le reproduisent, parmi lesquelles celle du cabinet impérial de Vienne, mentionnée par Apostolo Zeno; celle de Put in atti; celles qui ont été publiées par Mazurhclli ; dans l'une Dante s'y trouve accompagné de Pétrarque et de Virgile.

Le masque de Dante moulé sur sa figure dit-on après sa mort. Le portrait de Réatrix reconnu comme ouvrage authentique de , décou- vert et public par Missirini. Le buste exécuté par Baccio Valori en Les sujets des diverses compositions anciennes prises dans la Divine Tri- logie. Il est étonnant, dit Missirini, che qucgli argomenli, tanto bene significcUi c modellali da Dante, non sténo alati da vatente Scultorc nel marmo eseguiti; per- ché non sapremo abbastanza sospingere i valorosi nostri artiali ad ornarsi di quesla opéra per loro gloria e per vantaggio delta morale.

Les deux fresques du Vatican de Raphaël, l'une le Parnasse, l'autre la Dispute des Docteurs où Dante est mis en scène.

Les gravures de Bacrio Baldini ciseleur Florentin , exécutées il' après les dessins de Sandro Bouicelli, ornement de l'édition de , de JVt- colô delta Magna, première édition de Dante à Florence, le second livre qui fut orné de planches sur cuivre ; puis celles de Poccettii celles de Vincenzo Bor- ghini, qui empruntait à Dante son Lucifer; de Paolo Farinata degli Uberti pein- tre florentin qui peignait à Vérone des fresques dont les sujets sont tirés de l'en- fer ; les divers sujets traités par Dall'Acqua, Alessandri, etc.

Les dessins de Michel-Ange, dont les sujets étaient pris dans la Divine Comédie, sont une perte irréparable pour les arts et pour la science; peut-être un jour quelque génie transcendant pourra nous en donner quelque compensation; en attendant réunis- sons aujourd'hui tout ce qui pourra rehausser le génie de Dante et nous éclai- rer pour l'intelligence du poète.

De Vernon avait, dit-on, commencé un recueil de ce genre, mais son travail est resté inédit ; c'est lui qui a reproduit le masque de Dante, lithographie dans plusieurs éditions.

En suivant les progrès de la peinture, on rencontrerait les compositions du seiaième siècle qui, par l'histoire sainte, l'histoire profane, ou la mythologie, tien- nent à la Divine Comédie, ou qui se rattachent à l'art antique. La Niobé mourante, par exemple ; la Veuve aux pieds de Trajan, bas-reliefs de l'antiquité.

Le tableau de l'Anonciation , de Giotto, fait sur la description de Dante, ou Dante le reproduisant d'après Giotto, car Dante excellait non-seulement à inventer, à esquisser un sujet, et mieux que personne il a identifié la philosophie et la poésie à la peinture graphique des choses, aussi bien que l'ont fait plus tard Poussin et Mengs à l'aide des couleurs et du pinceau, l'un comme peintre philosophe , l'autre comme peintre littérateur.

En continuant notre énumération nous rencontrons: Raphaël, en face de Dante, dans la vision d'Ézéchiel; Rubens dans la mort de Cyrus: Moatrava la ruina e 'l crudo scempio, Che fe' Tamiri quando diste a Cira Sangue aiaitti ed io di mngue t'empio, fait apocryphe, il est vrai , mais qui n'en a pas moins produit de beaux vers et de belles peintures.

Mais qui nous dira pourquoi Dante a préféré suivre Hérodote plutôt que Zénophon et Cicéron, qui font mourir tranquillement Cyrus dans son lit, rappelant à ses enfants l'immortalité de l'âme et leur recommandant de dépo- ser son corps dans la terre.

Vedea colui che fu nobil creato Prît d'altra creaturo, giii del cielo Folgoreggiando scendere da un lato. Vedea Briareo fitlo dal lelo Celestial giacer dalïallra parie Grave alla terra per lo mortal gelo.

Quels extrêmes le seizième siècle réunit, quels génies en présence , Ovide et Dante ont décrit, Jules Romain les traduit par le pinceau, les développe, les explique. On pourrait étendre plus loin ces recherches et ces rapprochements, le Musée Dantesque est bien autrement intéréssant que le Musée de la nouvelle cité de Carlhage, le bouclier d'Hercule, d'Achille ou d'Énée. Là se grouperaient encore les belles compositions de Sadler, et autres gravu- res anciennes; puis les compositions modernes: Les gra- vures d'un ouvrage en font souvent mieux entendre le texte que les traducteurs et les commentateurs.

Les peintres modernes fourniraient aussi leur contingent au monument iconographique dantesque. La mort d'Ugolin, et autres sujets de la Divine Comédie sont sortis de plusieurs pinceaux, et formeraient un commence- ment de peintures dantesques comparées.

Délia Vallc de Livonrne, Béatrix montrant à Dante le siège vacant d'Henri VII dans le Paradis, surmonté d'une- couronne, dans les contours les emblèmes des sciences, et des lettres, les blasons des villes de l'Ita- lie, les sujets de Farinata, de Sordello, de Manfredi etc.

Les belles compositions des peintres français embelliraient aussi cette édition: Delacroix par cette peinture vigoureuse où le rude Caron passe dans la barque Dante et Virgile, au milieu des ombres qui les assiègent. Ingres par sa Franecsca de Rimini lisant avec Paul les aventures de Lancdot. J'en terminerai avec Schefler par cette note de Lenormand Correspondant 25 Juillet Dante est un rude jouteur pour Schefler; il suffit de voir comment il a rendu la tête puissante du florentin.

Cette grande forme du génie, tourne sous son crayon à la vieillesse efféminée , mais il comprend Béatrix , il sait aussi répandre un souffle d'amour et d'ineffable tristesse sur ce tourbillon infernal dans lequel Françoise de Rimini passe avec son amant. Ce dernier ouvrage, une de ses compositions les plus re- marquables, a étonnamment gagné dans la répétition qu'il a faite de ce sujet Le mouvement des ligures est le même , l'expression n'a rien perdu de sa douleur pénétrante, et les corps qui roulent dans l'ombre ont acquis une réalité qui ajoute à l'effet de la scène pour la première fois, peut-être, c'est de la chair qui pal- pite sous le pinceau, presque toujours exclusif, de la pensée.

Météores intellectuels, apparus à cinq cents ans de distance l'un de l'autre, Dante et Klopstock forment les deux extrêmes de la pléiade des grands poètes de à Malgré sa vétusté réelle Dante n'a pas de décadence commencée, ni prochaine , ni possible ; il est pour notre âge bien au-dessus de ce qu'il fut pour ses contemporains; colosse, prodige, miracle de l'intelligence humaine, ii rayonne au milieu de nous, toujours jeune de gloire et d'immortalité.

Son triple poème nons semble un défi jeté aux siècles à venir , un monde abandonné aux investigations, aux disputes de la science. Cependant point de comparaison possible entre ces deux poèmes. L'invention, le plan, les acteurs, l'exécution, rien de l'un ne ressemble à l'autre: On ne saurait en dire autant de Klopstock: Il fut, tour-à-tour, soldat, ambassadeur, prieur de la République de Flo- rence.

Rejeton d'une famille illustre, il naquit à Florence pendant l'exil de son père ; il mourut lui-même dans l'exil, et l'enfer, selon l'expression de Madame de Staël, s'offrait à lui sous les couleurs de l'exil. Dante que d'obscurs poètes, ou plutôt des poètes nuls, avaient précédé, a fondé la première nationalité de l'Italie du Mont-Cénis au Mont Etna, par la créa- tion d'une langue et d'un poème tout à lui comme à elle.

Son vers, physionomie de son âme, calme, grave, sévère, énergique, incisif, se plie à tous les caprices, à toutes les exigences de son imagination ; harmonieusement simple , noble , il s'abaisse à la familiarité la plus naïve, et s'élève quelquefois au sublime.

Vivante encyclopédie de la science des générations mortes, légendaire de toutes les époques, croyant éf lairé, profond, vrai, Dante fait retentir sa lyre sous les mftles inspirations de l'austère philosophie devenue ancilla théologie et si sa verve caustique, sa vertueuse, je dirai presque sa sainte indignation fronde, flétrit, stygmatise tes abus, il respecte sincèrement le principe.

Il descend le lecteur dans tes gouffres des damnés, dans des régions inarbordées qu'il se crée à lui-même, sombres ou enflammées, sanglantes ou fétides, glaciales ou ardentes, sans espoir d'avenir, sans avenir d'espoir, et où F atrocité des peines contre- pèse toujours l'énormité des fautes. Quant aux criti- ques, si tes uns ont, dans leur admiration, atténué, excusé les défauts du Dante, il en est d'autres qui n'ont pas toujours jugé te poète, le philosophe, le citoyen, l'homme d'état, sine ira et odio.

Klopstock naquît de parens pauvres, obscurs, mais son génie te révéla bien- tôt, et l'appelle à vingt ans dans te palais des roi. Là, il s'abandonne à loisir à toutes ses inspirations. Là , sous la splendeur des lambris , environné do silence et de la solitude de la tombe, il évoque devant lui cinq grands siècles éclos après que les morts antiques; il assiste à l'origine, aux progrès, à la décadence des empires, aux luttes politiques et religieuses qui ébranlent, ensanglantent un monde nouveau , et plus tard l'Europe.

Il a vu le dogmatisme schotastique vieilli, usé, renversé par Descartes; de nouvelles écoles philosophiques s élever entre le pan- théisme et l'incrédulité ; des découvertes inattendues succéder an perfectionne- ment des sciences dont elles agrandissent l'horiion.

La langue tudesque, si barbare, si âpre, si rude sous ses prédécesseurs, se retrempe , s'épure , s'ennoblit sous sa verve ; elle se poétise et se cadence dans son vers majestueux, tantôt grondant comme l'empire des démons, tantôt mélan- colique comme l'Elysée des peines, ou resplendissant comme le Saint des Saints.

Tous deux théologiens , nos poètes ont abreuvé leur âme à la fontaine bi- blique , à cette langue riche , abondante, harmonieuse, simple et sublime comme la pensée du monde, à cette langue qui croulant avec sa nationalité léguait à sa descendance le monument impérissable de ses annales, et le modèle Tune litté- rature surabondante des inspirations du ciel. Si la mo- deste Béatrix, belle d'attraits, belle de la naïveté du jeune âge, captiva l'âme du Dante, en domina la vie entière par le souvenir d'une affection vive, pure; si l'orgueilleuse Fanny rebuta l'homme-poète, le poète roturier, Klopstock!

Le destin rigoureux à Dante le rappelle, dès le premier seuil de son douziè- me lustre des rives du temps aux rives de l'Éternité qu'il a déjà vues. Les an- goisses, les tortures morales, les déceptions ont brisé sa vie plus que ses poéti- ques veilles.

Si l'envie l'obscurcit un instant: Mais, moins heureux que Dante, Klopstock, malgré son double hymen, ne laissa pour toute descendance que la fille de son imagination, sa poé- sie , qui devait lui survivre , comme à Dante la sienne , comme sa Mantinée à Pnisque nous avons mis Klopstock en parallèle avec Dante, nous devons don- ner quelques détails de plus sur ce célèbre poète allemand.

Klopstock sortit des rangs les plus bas du peuple; il vécut dans la misère et la soutint noblement. Le sentiment de son génie le fit, en quelque sorte, renaître de soi-même; il consu- ma sa jeunesse dans les méditations , les extases , les veilles et les travaux ; il se montra de bonne heure ce qu'il était et ce qu'il pourrait devenir ; il tenta le dernier effort de l'esprit humain, et apparut avec une création épique sur la scène de la Germanie renaissante; il consolida l'idiome allemand, fonda une école nationale de poètes, d'où devaient éclorre Goethe et Schiller; enfin il ravit l'ad- miration des savants; il fut traduit dans toutes les langues du Nord, lu dans tou- tes les universités d'Allemagne et de Quedlimbourg , Cbéronée inconnue où il était né en ; il monta à Copenhague dans te palais des rois: La première édition complète de ce poème en vingt chants, parut à Halle en , et la seconde en à Altona.

En , Klopstock fut nommé membre correspondant de l'institut de France, et le 4 mars , il mourut à Altona. Voici les principales traductions publiées , soit pendant la vie de l'auteur , soit après lui: Lewexovius, recteur du collège d'Anclam dans la Haute-Saxe, publia en grec les trois premiers chants, in-a. Louis Neuman, recleur du collège de Horn dans la haute Allemagne, la tra- duisit en prose latine. L'auteur a jugé à propos de réduire à neuf les dix premiers chants.

En , Christian Groonweld a publié en vers hollandais, sous le titre d'Essai, le premier chant du Messie. Cette traduction, offerte à Klopstock, lue en présence de son ami Giacomo Zigno, savant italien, dont nous parlerons plus bas, fut entièrement approuvée par l'auteur de la Messiade. Le père Sigisfroid Wiser, professeur de philosophie au collège de Levembourg, traduisit en vers latins les dix premiers chants.

Tout ce que Klopstock a de grand et de sublime, a été reproduit dans l'idiome latin. Achever les dix autres chants, lui paraissant une entreprise pénible et longue, il s'associa son frère Otton Wi- ser, également professeur de philosophie a Marbourg dans la Slyrie, et à eux deux, ils achevèrent, en prose très-éloquente, la traduction de Klopstock.

Elle passe en Allemagne pour le plus beau monument littéraire élevé à la gloire du poète. Giacomo Zigno a doté sa patrie d'une traduction en vers italiens, littérale, élégante: Zigno était l'ami de Klopstoek; il nous a laissé sur ses relations avec lui des particularités très-curieuses.

Sa traduction devait bien avoir mérité l'assentiment de Klopstoek, puisqu'elle est ajoutée à la suite de l'édition allemande imprimée in Collyer a traduit en anglais, et en prose, les seize premiers chants. Quatre éditions successives en ont été faites à Londres. Elle est assez littérale en ce qui ne touche point au dogme, mais elle altère Klopstoek quant au fond du poème, n'admettant en J. Klopstoek a toujours désapprouvé cette tra- duction. Meek, autre poète anglais, a continué la traduction de ce poème, mais a jugé à propos de ne pas y comprendre le Etton, auteur de divers ouvrages, a produit une traduction en vers anglais sciolti, qui, Adèle en tout à son modèle, est infiniment supérieure à celle de Collyer.

L'Italie s'est depuis quelques années enrichie de divers travaux sur la Mes- siade. L'Abbé Pensa de Milan a publié, en , une traduction en vers êcioltù littérale, il est vrai, et préférable de beaucoup à celle de Zigno, mais peu poéti- que.

Le chevalier Andréa MafTei a fait regretter que les fragments de la Nesxiadc qu'on connaît de lui, n'aient pas été suivis d'un plus ample travail. Le savant et laborieux Cereselto a légué naguère à la littérature italienne son admirable interprétation des vingt chants de la Mtuiade en vers scioUi. Je ne sache pas qu'on ait traduit, ni peut-être même introduit, la Meuiade en Espagne.

Sa traduction est, jusqu'aujourd'hui, ce qu'il y a en France de mieux et de plus complet sur le poème de Klopstoek, mais ce n'est pas encore Klopstoek. Si madame la baronne a voulu écrire pour être lue des gens du monde, elle y a réussi: Le style de Klopstoek, selon la belle expression de Bertôla, elevaUmmo camina. Or, je demande si ce ton élevé domine dans la traduction de madame de CarlowHz.

Si elle a écrit, où prétendu écrire, pour faire entendre le texte, pourquoi paraphraser, ajouter ce qui n'est pas , retrancher ce qui est, même quelquefois jusqu'à quinze et vingt vers de suite. Alexan- dre tenait à Homère ; quelle humeur belligérante! Louis XII lisait habituelle- ment les offices de Cicéron: Voltaire avait fait son vade-mecum des Provinciales de Pascal: Dans ces traducteurs dont nous venons de parler, Dieu, sans doute, y ré- side bien comme dans Klopstock, mais il n'y respire point de la même manière.

Non, nous n'entendons point de sa bouche profonde Eclater celte voix créatrice du monde. De tous ceux qui ont jugé ce poète, Bertôla est celui qui l'a le mieux apprécié: Madame de Staël, dans son ouvrage sur l'Allemagne, prétend que peu de Fran çais entendent l'allemand: Racine et Corneille, ajoute-t-elle, ne l'auraient pas traduit! Cette opinion me parait très-hasardée: Le Messie s'avance vers les tombeaux, et délivre Somma qui était possédé du démon. Unten am milternlchtlichen Bergen waren dite Grâber In zuzammcngebirgte zerrùtete Felsen gehauen.

Samma, so biess der besessene Mann, lag neben dem Grabo Seines jûngsten geliebteren Sohns in klâglicher Ohnmachl. Satan Hess ihm die Ruh; ihn desto ergrimmter zu quâlcn. Jenen todten, den der Vater beweinf und der Brader.

So rief der kleinc geliebte Benoni , Und entflohe der Mutter Arm, die angstlich ihm nachlief; Ach mein Vater, umarme mich doch! Der Vater umfassct ihn, bcbet! Da mit kindlicher Inbrunst nun der Knabe ihn umarmte, Da er mit sanft liebkosendem L u hein ihn jugendlich ansah , Warf Hin der Vater an emen entgegenstehenden Felsen, Dass sein zartes Gehira an blutigen Steinen berabrann, Und mit leisem Bôcheln entfloh die Seele voll Unschuld.

Jetzo klagt er ihn trostlos, untf fasst das kalte Behittniss Semer Gebeine mit stcrbendem Arm. Mein Sohn , Benoni! Ach Benoni, mein Sohn! So sagt er und jammemde Thrânen Stûrzen vom ange, das hricht; und langsamstarrend dahinstirbt. Also lag er beklommen von Angst, da der Mittler hinabkam. Satan batte bisher aus der Fem nur Samma gepeinigt.

Aus den tiefsten entlegensten Enden des nâchtlichen Grabmahls Standt' er langsame Plagen hervor. Samma spraug auf, dann fiel obnmachtig von neuem er nieder- Sein erschûtteter Geist, er rang noch kaum mit dem Tode! Riss ihn, von dem môdrischen Feind' cmpôret zum Unsin, Felsen an. Aber du warest scbon da, schon trug voreilend die Gnade Dein verlassnes Geschôpf auf treuen allmâchtigen Flugeln, Dass er nicht sank.

Ihn scbrekte von fera die xommende GottheU. Da erkannte der bange verlassene Samma Seinen Retter. Jns bleirhe Gesioht voit TodesKestalten Kam die Menschheit zurûck, er scbrie, und weinte gen Himmel; Woltte reden, allein kaum konnt'er, von Freuden erscbûttert, Rebend starameln.

Doc h breitet' er sich mit sehnlichen Armen Nach dem Gôttlichen ans, sah mit getrôstetem Auge, Voll Entzùckuug, nach ihm von seinera Felsen herunter. Jésus descendit de la montagne et s'avança vers les tombeaux. Ils étaient si- tués au nord du mont, taillés à sa base, sans ordre, dans une chaîne de rochers.

Un bois épais , où les arbres entrelaçaient et serraient leurs branches tondues , en défendait l'accès aux voyageurs. Un faible jour éclairait à peine ces lieux som- bres et humides, lorsque le soleil dans l'éclat du midi dardait ses rayons sur Jé- rusalem.

Samma c'est le nom de l'infortuné que Satan tourmentait était étendu assoupi, et sans force, auprès du tombeau, et des membres à demi corrompus du plus jeune, du plus aimé de ses AU. Satan ne laissait sommeiller sa rage que pour se réveiller plus terrible encore.

Joël, l'aîné des enfants de Samma, assis à côté de son père, élevait à Dieu ses gémisseroens. Ce fils, ce frère, l'objet de leurs pleurs, était venu vers son père désolé, que Satan, dans sa fureur, torturait et promenait au milieu des tombeaux. Sa mère, cédant à ses pressantes sollicitations, l'y avait amené. Tout-à-coup son père le saisit ; il frémit, et dans l'instant où son ils lui souriait avec une grâce en- fantine, et l'embrassait avec tendresse, il le lance avec force contre un rocher; ses membres se brisent, ensanglantent le sol, volent en éclats, et son âme inno- cente s'enfuit en soupirant.

Samma, plaintif, inconsolable, embrassait de ses mains défaillantes le froid monument où reposaient les restes de son fils. Tels, quand le char redouté de la vengeance roule dans les nues reten- tissantes , les athées , êtres méprisés , examinent de leurs retraites obscures , si les orages suspendus dans les airs ont cessé de menacer la terre. Satan n'avait encore tourmenté Sarama que de loin. Ses coups, lents à atteindre, ne partaient que de renfoncement des tombeaux les plus profonds, les plus écartés, les plus obscurs.

Tout-à-coup il se lève , s'arme de l'appareil épouvantable de la mort , et se précipite sur Samma. Samma recule , s'élance , et retombe aussitôt sans force. Tandis qu'égaré , rendu furieux par son cruel ennemi, il lutte péniblement contre la mort, Satan s'acharne sur lui, le transporte sur la cime d'un mont aérien; et là, à tes yeux, ô Juge du monde, il allait le briser contre un rocher pendant en précipice sous ses pas ; Tu parais et soudain prévenu par ta grâce, dont les ailes invisibles le soutiennent, cet infortuné mortel s'arrête sur les bords de l'abîme.

A l'aspect du Messie qui s'avance, Satan s'irrite, frémit et s'épouvante. Jésus jette sur Samma un regard de compassion qui pénètre son âme et ranime ses forces. Samma triste et morne reconnaît son libérateur: Indem ging von dem Versôhner Entsetssen Gegen ihm aus. An dem Blatte Hing ein sterbendes Wùrmchen. Der Gottmensch gab ihm das Leben.

Aber mit eben dem Blick sandt' er dir Satan Entsetzen! So schreckt'ihn der Gottmensch Und die Satané sahen ihn, wurden zu Felsengestalten. Er dachte die Zukunft, Und den Vergang voll Seelcnangst. Denn er verliess die Emporer allein und unùbenrindlich Kam zu Gott. Le Messie errait encore au milieu des tombeaux.

Les derniers blasphèmes de Satan arrivèrent jus- qu'à lui. Sur Tune d'elles, Jésus aperçut un insecte près d'expirer: Tous les esprits infernaux, témoins de la frayeur de leur chef, demeurèrent immobiles comme de froids rochers.

Sur les marches les plus basses du trône de Satan était assis le séraphin Abdiel Abbadona, solitaire, triste, rêveur. Dévoré de remords, il se perdait dans l'avenir, et s'enfonçait dans le passé. L'un ne présentait à sa noire mélancolie que des supplices affreux, éternels et sans nombre; l'autre lui rappelait les temps heureux do son innocence, la tendresse qui l'unissait à cet autre Abdiel, son au- guste ami, qui, le jour de la révolte des anges, se signala par une action d'éclat, en présence du Tout-Puissant Inaccessible à la séduction, à la terreur, ferme et inébranlable, seul il abandonna Satan, seul il vint se ranger sous les drapeaux de l'Éternel.

Abbadona, marchant sur les traces du magnanime Abdiel, laissait dans l'éloi- finement les ennemis de Jébovah. Tout-à-coup le char de feu, dans lequel Satan avait promis de ramener ses légions triomphantes, roule devant lui dans les nues; le clairon belliqueux sonne les combats; les rebelles, dans 1 ivresse de la joie, aveuglés par l'idée de leur future divinité, se présentent à Abbadona, subjuguent son coeur, et arrachent à l'Éternel un guerrier presque perdu pour eux.

Abdiel , ému de douleur, lance sur son ami des regards foudroyants, mais encore pleins d'amitié ; il l'appelle ; vains efforts! Satan a ressaisi sa proie. On voit par là que nous marchons sur un terrain glis- sant , et que la question est encore herbacée pour nous servir d'un néologisme Examinons pourtant si l'on pourra, tôt ou tard, arriver à une solution.

Cette méthode, qui consiste à traduire mot pour mot, en suivant les constructions de son auteur, a son utilité, son importance, son mérite. C'est pour l'étude approfondie d'une langue celle qu'on doit préférer; elle n'est pas nouvelle; Dumarsaîs n'en est pas l'inventeur; antérieurement à lui nos savants du moyen-âge avaient ainsi interprété la plupart des auteurs grecs et latins; et nos modernes n'ont fait que reproduire ou imiter ce qu'on avait fait avant eux ; ce n'est point d'elle qu'il s'agit ici ; nous la laisserons donc de côté.

La prose devra traduire la prose; passons donc aux poètes. Trois sortes de moyens se présentent ici. La prose, le vers blanc, ou le vers que Fabre d'Olivet appelle eumolpique, vers blanc croisé dont l'un est masculin, l'autre féminin; enfin le vers rimé.

On veut qu'à la prose seule appartienne le droit, l'honneur, la possibilité de traduire bien la poésie. On sait que sur ce point les poètes les plus éminents ont adopté une opinion qui a fait dire, res judicata pro veritate habelur.

Cependant nous osons croire que le talent des traducteurs aiguillonné, réveillé par l'amour propre, par l'absolutisme de la critique, fera résoudre tôt ou tard ce point de doctrine si controversé, d'abord en faveur du vers blanc, et puis en faveur de la rime contre la prose, et la prose même la plus poétique. Si une traduction n'est qu'une copie , on conviendra qu'une copie peut être bonne, se reproduire fidèle avec le génie de la langue adoptive, sans préjudice de son modèle, avoir un caractère d'originalité, sans cesser d'être la photographie de son modèle, et êlrc enfin plus qu'une bonne, qu'une excellente copie, plus GO DISCOURS PRÉLIMINAIRE qu'une belle imitation, ainsi qu'on s'est plu à qualifier les géorgiques de Virgile, mais une vraie traduction!

Je ne m'arrêterai point à discuter ce qu'a de désespérant, d'avilissant pour une langue, pour une littérature, l'absolutisme de la critique ou du génie élevé qui dé- daigne de s'abaisser à la traduction. Il suffit, pour le décréditer, d'être assez pa- tient, laborieux, pour réunir et mettre face à face des textes tout ce que nos poè- tes les plus anciens jusques aux plus modernes ont traduit des passages remar- quables des auteurs grecs latins ou modernes, pour démontrer que la langue dont ils se sont servis dans les diverses époques où ils écrivaient n'a pu être poussée au delà, et qu'il serait même impossible de les reproduire mieux qu'ils n'ont fait.

Nous avons l'embarras du choix; je prends ces vers si connus: Ici, d'abord , le poète latin pour conserver tout ce qu'a de vrai, d'harmo- nieux, le magnifique tableau de sa pensée, a profité de la licence de la césure. Et c'est après ces vers de Racine, et mille autres autorités, que nous pour- rions citer , qu'on viendra nous dire que la poésie française est impuissante à traduire les poètes. Je soutiens et je soutiendrai toujours le contraire. Je pèse le poids de ces vers et je dis que tout est ici tra- duit, mots, harmonie, peinture, philosophie de la pensée.

Et bien, ce que la langue pourra faire pour un certain nombre de vers on le fera pour cent, pour mille, pour tout un poème. H su quel lor sepolcro in inezzo ai voit Vitlhne pria farù Jei xacertloli. Le prêtre deviendra ma première victime. Est-ce le hasard, une identité de pensée qui a produit ce vers? Je m'étonne que Roscommon ait pu l'adopter. Expliquer clairement le vrai sens d'un auteur. Est le premier devoir d'un sage traducteur.

L'altérer c'est commettre un attentat impie. Que la beauté des vers n'excuse ni n'expie. Si contre votre auteur vous ne pouvez jouter. Omettre dans ce ras vaut mieux que d'ajouter. On pourra bien trouver de loin en loin quelques impossibilités; mais on doit chercher à les rendre de la manière la plus approchante du texte, en se confor- mant au double génie des deux langues.

L'expression pourra, peut-être, faute de mieux, se présenter pâle, affadie un peu; mais d'un autre côté, pour une expression accidentellement inférieure que de beautés résulteront de l'ensemble d'une traduction en vers. En thèse générale on doit traduire les poètes en vers, selon Joseph Chénier. Cours de littéral, p. De Si-Ange, dont le talent spécial est de traduire, a su rendre en vers français tous les détails de l'immense ouvrage des métamor- phoses d'Ovide , et presque toujours avec une scrupuleuse fidélité que la prose pourrait à peine égaler.

Que diront les partisans de la prose à l'encontre de Chénier: Roscommon que nous avons déjà cité, proscrivait, il est vrai, la rime, mais il vou- lait que la poésie rendît la poésie. Notre vers plus fidèle est plus audacieux, Il peut plus fortement, il nous retrace mieux La vigueur, le bon sens et le goût pur d'Horace. De l'habile ouvrier elle nous cache l'art; Et pour moi dont vingt ans Horace Tut le maître, Sous ce déguisement j'ai peine à le connaître.

Et quoi, ce que la langue anglaise, italienne, espagnole, allemande ont fait avec succès pourquoi refuserait-on à la langue française de le pouvoir faire. Vous reculez devant la rigueur des conséquences, comme si le perfectionnement de la poésie, rimée ou non rimée, n'était pas une suite nécessaire du perfectionne- ment de la prose. L'art d'écrire en vers s'est renouvelé; la rime s'est enrichie comme on e voulait au dix-septième siècle par la richesse du sens; la phrase poétique a repris son ancienne liberté en y ajoutant Le mot propre a été substitué à la périphrase , et le poème est allé le prendre hors de cette élite jalouse de mots auxquels un goût de cour, timide et circonspect comme l'étiquette, avait reconnu exclusivement la qualité de noble.

Mais ce renouvellement de l'art d'écrire en vers n'aurait que la valeur d'un travail ingénieux sur les mots, si la poésie en elle- même ne s'était renouvelée. La poésie de Lamartine s'épanche en des vers d'une harmonie que Racine même n'a pas connue.

En lisant ces vers on ne s'avise plus d'accuser notre langue de dureté; tous les angles s'émoussent, les syllabes les plus rudes se polissent en se touchant, et de ces mots si rebelles aux mains les plus habiles se forme une langue musicale comme celle de l'antiquité. Sauf le respect que nous devons à l'autorité d'un écrivain , d'un critique si éminent , il nous semble que la conclusion de son article doit être que si la langue poétique moderne a toutes les qualités qu'il y reconnaît, elle doit , elle peut traduire en vers hardiment, fidèlement, harmonieusement un poète quelcon- que.

On dira que j'ai mes raisons pour le penser ainsi. Si cela était on condamnerait une littérature à l'immobilité ; ce serait para- lyser le génie des écrivains.

Débats 19 Février est Lien autrement encourageante pour les traducteurs. D'abord il ne rejette point la possibilité de la réussite.

Il en signale ensuite les difficultés ; puis il ajoute: Traducteurs éclectiques, essayez cette fusion des deux manières, ce sera pour vous un mérite et pour nous un avantage ; plus vous serrerez votre texte plus il en jaillira de poésie. S'il nous était permis de nous servir du vers blanc nous nous trouverions heureux de les employer à la traduction des poètes, a dit encore Bitaubé Intro- duction à Homère.

Et pourquoi ne la prendrait-on pas cette permission? Tout , aujourd'hui, comme nous l'avons dit précédemment, tend au vers blanc dans la poésie. Écoutons là-dessus Fabre d'O- livet, le plus intrépide défenseur du vers blanc, et qui les a faits avec quelque succès: A s'imposer cette gêne, tant valait-il laisser la rime. Les désinences arbitraires masculines ou féminines si elles ne riment pas ne nuisent ne nuiront point à reflet du vers, si l'on sait les ménager.

Seulement je n'y veux point d'hiatus. BouXeûou Je' crpô epyov, ôffa? Rends aux Dieux immortels le culte consacré: Garde ensuite ta foi: En public, en secret ne te permets jamais Rien de mal; et surtout respecte-toi toi-mèiue. Ne parle et n'agis point sans avoir réfléchi. Souviens-toi qu'un pouvoir invincible Ordonne de mourir; que les biens, les honneurs Facilement acquis, sont faciles à perdre ; Et quant aux maux qu'entraîne avec soi le Destin, Juge-les ce qu'ils sont: Les Dieux, aux plus cruels, n'ont pas livré les sages.

Comme la Vérité, l'Erreur a ses amants: Le philosophe approuve, ou blâme avec prudence , Et si l'Erreur triomphe, il s'éloigne; il attend. Consulte, délibère, et choisis librement. Laisse les fous agir et sans but et sans cause. Tu dois dans le présent, contempler l'avenir. Tu dici, che di Silvio lo parente, Corruttibile ancora ad immortale Secolo and à, e fu sensibilmente. Per questa andata, onde gli dài tu vanto, 25 Intese cose che furon cagione Di sua vittoria, e del papale ammanto.

Le jour allait fuyanl et l'air devenu sombre Dispensait les humains qui vivent sur la terre Des travaux usuels du jour, et moi, seul, seul, Je me fortifiais à soutenir la guerre Et contre le voyage et contre la pitié, Guerre que redira l'esprit qui n'erre point. Muses, intelligence élevée, aidez-moi. Esprit qui régistras en toi ce que je vis Ici tu brilleras de toute ta noblesse. Je débutai ; poète à moi bienveillant guide Oh, sonde nia vertu, la crois-tu suffisante Avant de me risquer à ce rude voyage?

Tu m'as dit dans tes vers de Sylvius le père Encore corruptible, au royaume éternel Parvint, y pénétra sous des formes sensibles. Si du mal quel qu'il soit le terrible adversaire, Fut pour lui bénévole en songeant à l'effet Qui de lui devait naître, et quel chef quel état.

Dans ce voyage objet pour lui de tant d'éloges Il connut des effets qui devinrent la cause De son triomphe et puis de la pourpre papale. Plus tard y pénétra le grand Vase d'élite Afin d'en ramener cette divine foi , Principe de la route au chemin du salut. Ma io perché venirvi? Me degno a ciô, nè io, nè altri crede.

Perché se del venire i' m' abbandono, Temo che la vcnuta non sia folle: Se' savio, e intendi me' ch' io non ragiono. E quale é quei, che disvuol cià ch' e' voile, E pcr nuovi pensier cangia proposta, Si che dal cominciar auto si Utile, Toi mi fec' io in quella oscura costa: Per che pensando, conmmai l' impresa, Che fu nel cominciar cotanto tosta. Se io ho ben la tua parola intesa, Hispose del magnanimo qwW otnhra, L' anima tua c da viltate offesa: La quai molle fuite l' uomo ingombra, Si che da onrala impresa lo ri volve, Conte falso veder, bestia quand' ombra.

Da quesla lema acciocchè tu ti solve Diront, perch' io venni, e quel ch' io intesi AW primo punto che di te mi doive.

Lucevan gli occhi suoi più che la Stella: E cominciommi a dir, soave e piana, Con angelica voce in sua favelta: O anima cortese Mantovana, Di eut la fama ancor nel mondo dura, E durera quanto 'l mondo lontana: L' amico mio, e non délia ventura, Nella déserta piaggia è impedilo Si nel cammin, che volto è per paura ; E temo, che non sia già si smarrito, Ch' io mi sia tardi al soccorso levnta, Per guet eh' io ho di M nel cielo udito.

Or muovi, e con la tua parola ornata, E con cià, ch'é mestieri al suo campttre, L' ajuta si, ch' io ne sia consolata. V son Béatrice, che ti faccio andare: Vengo di loco, ove tornar disio: Amor mi mosse che mi fa par lare. Énée ou Paul, moi, non, non je ne le suis point J'en décline l'honneur et nul ne m'en rroit digne Car si ma volonté consent à ce voyage Je crains que mon vouloir ne soit une folie.

Toi sage, tu sais mieux, mieux que je ne raisonne. Tel celui qui ne veut plus ce qu'il a voulu, Et qui pour des pensers nouveaux change d'avis. Si bien qu'à son début il revient sur ses pas. Tel ai-je fait dès lors sur cette côte sombre. Car en réfléchissant je tuai le projet , Qui fut dans mon esprit si promptcmcnt conçu.

TaeeUe Mura , e pot comincia' io: Più non t' è uopo aprirmi 'l tuo taleiuo. Ma dimmi la cagion, ehe non ti guardi Dello tcender quaggiuso, in quetto centra, Dall'ampio loco, ove tornar tu ardi. Terne r ti dee di tole quelle cote, Ch' hanno potenza di fart altrui mole: Dell' altre no, che non ton paurote. Donna è gentil nel ciel, die ti compiange Di quetto impedimenta, ov' io ti manda, SI che dura giudicio lattù frange.

Quetta chiete Lucia in tuo dimando, E ditte: Lucia, nimica di ciatcun crudele, Si motte, e venne al loco dov' i' era, Che mi tedea con V antica Racheté. Béatrice, loda di Dio vera, Chè non toccorri quei, che t' amù tanto, Ch' utci per te délia volgare tchiera?

Non odi tu la pietà del tuo pianto, Non vedi tu la morte, che 'l combatte Su la flumana, ove 'l mar non ha vanto?

Donna de vertu grande, ô la seule par qui. Nulle part on ne vit des personnes plus promptes, Travailler à leur bien, s'éloigner du danger Ainsi' que je le fus en entendant ces mots. Perché mi fece del venir piit presto. E venni a te cosï, com' ella volae: Dinanzi a quella fiera li levai, Oie del bel monte il corlo andar i toise.

Perché tanta viltà nel cuore ailette? Perché ardire e franchezza non hai? Poscia chc tai tre donne benedette Curan di te nel la cor te del cielo, fi 'l mio parlar tanto ben t' impromette?

Quale i fioreui, dal notlurno gelo Chinuti e chiusi, poi che 'l sol gl'imbianca, Si drizzan tutti aperti in loro stelo, Tal mi fec' io di mia virtude stanca, l. Or va', ch' un sol volere è d'amlyedue: Tu duca, tu signore, e tu maestro. Quai pargoletla domina, o capriola , Che tra le frondi del natio boschetlo Alla madré veduta abbia la gola Stringer dal pardn, o aprirle 'l fianco, o 7 petto, Di selva in selva dal crudel s' invola, E di paura tréma, e di sospelto: Ad ogni sterpo, che passando tocca Ester si crede ail' empia fera in bocca.

Telles de jeunes fleurs que le verglas des nuits Incline, clot, puis, quand le soleil les colore, On les voit s'élever, sur leur axe s'ouvrir: Une telle énergie a pénétré mon âme. Que je débute alors avec toute assurance: Que ta pitié me plait, femme qui m'as aide, Et toi courtois assez pour obéir soudain, A la voix qui s'offrit pleine de vérité. Tel un chevreuil , un daim au début de ses ans, 7. A vu le léopard presser entre ses dents, Déchirer dans le bois où grandit sa jeunesse Une mère, l'objet de sa douce tendresse ; Le plus léger soupçon éveille sa terreur; Fait coûter de son corps une froide sueur.

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Video femme nue escorte pau La langue italienne, devenue plus populaire en Europe, a aussi popularisé Dante; et les nations modernes plus appréciatrices de l'Allighieri ont à leur tour élevé leur monument littéraire au grand poète qui, comme Shakespear, marche à la tête d'une civilisation et avec lui à la tête des littératures. Will suffer none to pas along her Wly, Bul hinders them, aye, even webcam porno gratuit escort girl lannion their death. When the tierce soul doth from the hody bound, Ry self inflicted violence estranged, porno russe escort flers, Minos assigna it to this seventh round. Le destin rigoureux à Dante le rappelle, dès le premier seuil de son douziè- me lustre des rives du temps aux rives de l'Éternité qu'il a déjà vues. Or, je demande si ce ton élevé domine dans la traduction de madame de CarlowHz. Derrière eux la forêt était pleine fourrée De lices à poil noir que la soif altérait, Courant tels des lévriers qu'on désenchainerait L'ombre qui se cachait de leurs dents fut saisie, Déchirée en lambeaux où palpitait la vie, Emportés puis au loin en débris douloureux.
porno russe escort flers Vedea colui che fu nobil creato Prît d'altra creaturo, giii del cielo Folgoreggiando scendere da un lato. Klopstoek a toujours désapprouvé cette tra- duction. Traduire, si nous nous en fesons une idée juste, exacte, et rigou- reuse, ce n'est pas rendre seulement les pensées d'un écrivain; c'est porno russe escort flers en reproduire le style, les ligures, les tours, l'harmonie si c'est un poète, le nombre si c'est un prosateur. Video incesto con mamma zoccola scopata per bene dal cazzo del figlio L'Abbé Pensa de Milan a publié, en femme mure poilue goatgirlz, une traduction en vers êcioltù littérale, il est vrai, et préférable de beaucoup à celle de Zigno, mais peu poéti- que. Toute la poésie française, allemande, anglaise, espagnole, sans parler des autres, y est vulgarisée et toujours en vers, et souvent le même poète par cinq ou six vulgarisateurs différents, "porno russe escort flers", et avec la langue du jour.

Gin- guéné l'a débrouillée admirablement, en la réduisant à sa plus simple expression; mais il y a encore bien au delà. On serait tenté d'appliquer à l'Italie artistique et littéraire , ce qu'Ovide disait des dames romaines, qui venaient aux jours de fêtes faire envier leurs attraits sous le portique de Pompée.

Ce n'est pas qu'en France les traductions des auteurs anciens et des modernes fassent défaut; tout est traduit. H en est même qu'on ne refera ja- mais mieux. Mais tout est-il traduit comme il devrait, comme il pourrait l'être, comme l'est le petit nombre? Ici fesons une grande enjambée, et arrêtons-nous â notre époque. Rien des poètes modernes, et même des anciens, n'y sont traduits qu'en prose: L'athlète déterminé qui voudra lutter corps-à-corps avec son modèle, ne devra pas oublier qu'il traduit pour faire apprécier les beau- tés personnelles d'un écrivain, à cette majorité , qui ne peut le lire dans sa lan- gue native; et, de plus, qu'une traduction doit être pour cette minorité, qui en- tend l'original, le monument de ce que peut et le traducteur et le génie de la langue qu'il parle, ou plutôt qu'il fait parler à son siècle.

Quand une traduction est manquée ce n'est jamais le génie de la langue qui a tort: Chénier André n'a-t-il pas montré ce que le français, i Doux, ranide. Ne l'a-t-il pas venge suffisamment du reproche banal de timidité par les merveilleux effets de son style, dans lequel respire tout ce qu'a de vitalité le vieux dialecte homérique.

Sans compter qu'à diverses époques la langue fran- çaise a été tamisée, selon l'expression de Victor Hugo ; elle a , depuis Chenier , grandi de soixante ans, et a passé par l'étamine des philosophes et des poètes modernes. Les procédés de l'esprit humain n'ont point changé ; aujourd'hui, le mode de penser est tel qu'il fut dans son principe ; mais nous avons gagné que l'esprit humain mieux étudié , la métaphysique ou si l'on veut l'analyse de l'entende- ment nous a montré comment on pense, comment on développe méthodiquement ses pensées; et la philosophie du langage nous a dit comment on peut, on doit entendre un écrivain, et comment on le doit rendre.

Mais poursuivons; qu'est-ce que traduire? Traduire, si nous nous en fesons une idée juste, exacte, et rigou- reuse, ce n'est pas rendre seulement les pensées d'un écrivain; c'est encore en reproduire le style, les ligures, les tours, l'harmonie si c'est un poète, le nombre si c'est un prosateur. Difficulté grande, je n'en disconviens pas. Tacite, Dante, Klopstock, et, en général, tous les écrivains profonds penseurs, asservissent la ra- pidité de leur style à l'activité de leur imagination ; ils abrègent tout , parce qu'ils voient tout; il notent, pour ainsi dire, en courant, fixent en courant la pen- sée par l'expression qui les domine , et révèle l'âme à l'âme.

Il faut les suivre dans le dédale de leurs idées, dans leurs bonds, dans la vaste synthèse des deux extrêmes de leurs conceptions; et pour la rendre cette synthèse, il faut s'incar- ner en eux, les incarner en soi, voir, sentir avec eux et comme eux, écrire d'ins- piration et corriger de calcul. Deux langues peuvent, jusqu'à un certain point , s'interpréter l'une par l'autre, se mouler, pour ainsi dire, l'une sur l'autre, est Digitized by Google 18 DISCOURS PRÉLIMINAIRE quoddam prodire tenus, il est un certain jusqu'à , jusqu'où l'on peut aller, ce point existe, on ne saurait le nier; mais c'est à la pensée persévérante à le sai- sir, c'est à l'expression à l'arrêter au passage.

Les traducteurs, à quelque langue qu'ils appartiennent, n'ont qu'à suivre en prose la route des Dussault, des Gueroult, des Rurnouf, des Leclerc, des Nisard etc.

En vers celle des Chr'nier, des Wailly, des Pongcrville etc. Si c'est un mérite vulgaire que de traduire, c'en est un bien grand que d'avoir traduit comme ces modèles; et quand plus d'une fois l'Institut a couronné des traductions, il a non-seulement reconnu et récompensé le talent, mais encore le service rendu aux langues, et à la littérature comparée. Charles-Quint s'amusa jadis à les qualifier dans un de ses moments de belle humeur; inutile de le rapporter ici; pas un collégien qui ne le sache.

Les grammairiens nous le donnent à la suite de la classification du langage des animaux. Nul, certes, n'était plus capable de juger des idiomes que l' Empereur-Roi. Il l'a fait, il est vrai, d'une manière très et trop synoptique, mais il ne pouvait en dire plus ne les ayant considérés, que sous le point de vue euphonique ou musical. Si nous les effleurons ici, c'est seulement pour transition. Prenons garde toutefois, en cherchant à les apprécier, de ne pas tomber dans l'erreur de ces princes latins qui, devisant de leurs épouses, voyaient, chacun dans la leur, la plus belle, la plus vertueuse, la plus fidèle, la plus enfin tout ce qu'on voit de plus superlatif dans un supcrlativement aimé et admiré.

L'Allemand, oh, l'allemand, depuis que le Roi-mécanicien. Mais depuis que Voltaire en eut ricané avec la baronne de Thundertentrunk, il asphyxia dans le gosier de ses Francs cette langue à laquelle Charlemagne avait ajouté de nouveaux mots.

Au- cuns après lui, malicieux penseurs, oreilles sybaritiques, palais à luette délicate, prétendent, par une comparaison toute moderne, que l'Allemand produit sur eux l'effet de la plume métallique entre les mains d'un écrivassier qui , callygraphe avorté, ne sait ni ne peut la faire articuler; ils disent qu'elle rape, râle, gratte, bronche, racle, froufroute, crache, s'ébrèche, craque Rien de tout cela; et Digitized by Google DISCOURS PRÉLIMINAIRE 19 même bien plus que tout cela si Ton veut.

L'Allemand plein , viril , abondant , thyrtéen, pindarique, gronde l'hymne guerrier, ou le cantique saint, tel l'airain des batailles, ou l'ouragan des mers. Doux, limpide, suave, tel il fait soupirer la romance, et gémir l'élégie, cl résonner I idylle. Superbe suzerain des idiomes du nord, noble, profond, philosophique, il leur impose son calme, sa gravité, sa rai- son: Kant et Klnpslock en on fait l'un la prose, l'autre les vers, et Kôrner en créa l'harmonie.

Le protagoniste de la grande trilogie , le moi dantesque , ce moi solennel , magvi nominis umbra, ne serait-il pas dans le cas de ces grands héros de l'his- toire que, selon Bossuet, la main de Dieu a fait naître sur la route du temps pour manifester sa providence, et la faire servir à instruire les hommes?

La Divine Comédie est la consécration du christianisme, un hymne toujours retentissant en son honneur, une excitation continuelle à bien vivre; elle est la glo- rification de l'empire, l'apothéose des vertus, le stygmatc flétrissant des crimes, des vices sans acception des personnes ; elle est enfin l'âme, l'esprit, la vie de son protagoniste.

Toute la science connue jusqu'alors s'y revêt d'un dialecte savant , d'une poésie originale, qui coule comme goutte à goutte de la plume du poète. Son étude faite consciencieusement, de bonne foi, sans prévention, vers par vers, tout ce qu'à de vrai le fond de l'idée sous le voile d'une expression embléma- tique, étudiée, subtile parfois révèle une intelligence surhumaine, on dirait même inspirée, prophétique.

L'enfer d'une théogonie particulière au- - roit été trop étroit pour une si large invention. Dante n'était plus, mais son livre lui survivait; à sa suite s'élevèrent com- mentaires, scoliastes, éditeurs, interprètes publics, traducteurs.

Ralines dans sa bibliografia dantesca, a énuméré toutes les éditions publiées jusques à son époque; elles vont en augmentant du XV. Le nombre en est aujourd'hui indéfini, preuve incontestable de la popularité toujours croissante du vieux père Allighieri. Laissant de côté tout ce qu'on a écrit sur les traductions des siècles anté- rieurs nous ne nous arrêterons qu'aux principales de ce dernier siècle.

En Angleterre Royd a publié une traduction en prose à Londres, 3 vol. Tarvcr une autre après lui ; elles ont jeté peu d'éclat. O'Donnel moine irlandais dans les sept ans qu'il est resté à la Yallombreuse do Florence a traduit en prose les trois poèmes, les a dédiés à la jeunesse irlan- daise.

Traduire littéralement Dante, dit-il, est une chose moralement impossible jusqu'à un certain point pourtant , paraphraser aurait défiguré l'original , j'ai donc dû tenir un juste milieu.

Sa traduction est assez littérale, élégante mais un peu molle, résultat dû au sys- tème qu'il s'était proposé. Cayley a traduit en vers le Purgatoire seulement.

Il a adopté la terzina de Dante, telle que nous l'avons suivie nous-même sauf dans quelques chants voir Parad. Le style de Cayley est plus travaillé que celui de Carry, sa poésie plus soignée, et sa littéralité plus exacte, malgré la dilDculté de la triple rime.

Now hath my intellectual bark to make Full sail, on better waters voyaging. Sweet sapphire hues the Orient overlaid, Aecumulating on the still aspèct Of stainless air, through the llrst orb; which made The hcavens appeared joyous of their sheen! When I had lookcd from their confronting light, As somewhat toward the other pôle I bore, Where now the Carie his Wain was out of sight ;.

The rays of the four hallowed splendors thcrc His countcnanre did with such a lustre crown, I saw him as the sun before me were. Is breach so made in statutes of the deep, Or change of new decrees in heaven enrolled, That damnèd you upon ray bulwarks peep?

Then answered, u Of myself l have not stirred; From heaven came down a lady, at whose prayer My hclp to this man's rescue I conferred. But since it is thy will, we should déclare Of our condition more, its truth to give, My wiil to keep it from thee cannot dare, This man halh never seen the latest eve, But was so near it by his madness led, That littlc space indeed remained to live. I was commissioned to him, as 1 said, To free him, and no other way could see But this, on vhich 1 have put forth my tread.

Ile goes to scck for freedom, freedora dear, 65 As who lays lift' down, knoweth ît to bc. Thou know'st, who disdt not for it think severr Thy death in Utica, which tbere dcfaced The wccd, which yon great day shall shinc so clear. No laws etcmal aro by us transgrest; 70 For hc is quick, me doth not Minos hold, Nay, but yon circle, where the eyelids chaste Of Marcia dwell, who seemeth as of old Imploring, sacred heart, thine to remain: I will give thanks unto her for thy sake, If to bc mentioned there below thou deign.

Sinco now she dwclls beyond that evil river, She can no longer move me, through the laws That, when I parted, were made fast for ever. If lady ont of heaven theo moves and draws, 85 As thou hast said, no flattery shall need; To ask me by her name approves thy cause.

Go, gird the man then with a Knotless reed, And see to lave his face in such a guise, That from ail reeky smirch it may bc freed. No olher plant, which into foliage grows. Or induratcs, can live within liât pale, By reason of not giving place to hlows. Thcncc by a différent road ye shall not fail To tum; yon rising sun will counsel you By gentler slopos the mountain side to scale.

And barkward let us bend, for by this way The mountain slopeth to her confines low. And flee before her, so that on the main. Far off, marked the trembling sheen to play. Wc plodded through the solitary plain, As those who shall their long-lost way pursue, Who, till they find it, secm to toil in vain. Thcre did he gird me for another's sake. Ce système de traduction est bon pour Dante dont le vers sévère, réfléchi, catiigatus ad unguem, peut le subir avec honneur ; mais il ne saurait l'être, ap- pliqué peut-être à d'autres poètes, par exemple à la Jérusalem délivrée, qui toute poésie brillante , poésie de luxe , poésie de verve exige une imagination qui se laisse entraîner.

Voilà pourquoi la dernière traduction du Tasse, octave par oc- tave, enfantement laborieux, mais du reste, excellent travail littéraire, n'a pu se défendre de la sécheresse qui résulte de l'excès du poli. Celle-ci eût sans doute contribué à rendre son ceuvre plus parfaite encore , et le traducteur, quoique très-littéral est resté poétiquement au-dessous de Wright, précisément parce qu'il a laissé de côté la difficulté de la rime. Half-way upon the journey of our lifc, 1 found myself within a gloomy wood, By reason that the path direct was lost.

But of the good to speak vhich there 1 found. I cannot how I entered there recal ; I was so full of slumber at the time At which I had abandoned the true way: Bat when I was arrived at the hill's foot, At that part where the valley terroinated, Which with affright had pierced me to the heart, Upwards 1 looked, and I ils shoulders saw Already clad with rays of that bright orb, Which guides us faithfully on every way, Then was the terror for a season stilled, Which in the hoilow of my heart had dweU Throughout the night which I in surh grief passed: And as a man who with exhausted breath F roui forth the océan to the shorc escaped, Turns round to gaze upon the perilous sea ; So too my spirit, which still fled away, With backward glances turned to view the track, Which yct no person ever left alive.

Afler I had reposed my weary frame, Over that désert place 1 look my way, So that the flrm foot ever lower was: Before my sight she never ceased to bc: And even on my way so hindered me, That many limes I turned round lo go back. Il was the season of the early morn, The sun was rising in the self-same stars That were with him what Unie the Love Dhine First into motion called those shining ones: And thus there was a ground for me to hope, In the gay raiment of that animal, The hour of day, and gracious time of yoar; Yet not so but that fllled me with affright Tbe vision of a Lion which appeared: It scemed as If upon me he advaneed Wilh uplifl head,and such a hungry rage As scemed lo teriïfy the very air.

She laid upon me sueh a troublous load Of terror, w hidr sprung from tbe sight of her. Thaï I lost hope of mounling lo the heights. And as a man on acquisition lient. She drove me back to where thc sun vas mule. Soon as I saw him in that wilderness: Hâve pily on me," lo him 1 exelaimed, " Whale'er thou art, or shade, or tmly man.

M Not a man, a man thoufb once ; Lombards my parents were on either side. And Ihey were bolh by counlry Mantuans. And dosl nol climb the mountain of delight The cause and first beginning of ail joys? Behold the beast lhal forces me to turn, Project me tarai lier, 0 illustrions Sage.

For she makes tremble every puise and vein. The créature thaï now makes thee cry for hdp. Will suffer none to pas along her Wly, Bul hinders them, aye, even to their death ;. And bas a nature so depraved and bad, That she can never sate her craving will, But after feeding bungereth the more.

He wU pursue her through the cities ail, Until at lasl be drives ber back to Bell, From whence in hatred she was flrst despattfied. Now for thy good revolving, I décide That thou shouldsl follow, and be leader I, To guide thee henec through an elernal place; Where thou wilt hear the shriekings of despair.

And see the vexed soûls of tbe former times, Where ail are calling for the second death. Next thou shall vifft those who are content To be in fire, because tbey hope to come.

Whenevcr it may be, among tbe blest: Seeing that Emperor who rules above. Because l was rebellious to bis laws. Wills not that I his city should attain.

Hiy empire is through ail, and there he reigns: Wright, le grand pensionné du collège de la Madeleine d'Oxford , a traduit tercet par tercet, mais à deux rimes seulement ; le premier et le treizième vers riment ensemble, et le second du tercet supérieur rime avec le second du tercet inférieur, et ainsi de suite. Wright, comme traducteur, occupe une place d'élite à côté du Virgile de Dryden, et de 1 Homère de Pope. The further bank had Nessus scarcely gained, 1 When ve began our journey through a wood, Which not a trace of any path contained.

No verdant leaves, but of a dusky hue ; No polished boughs, but knotted, coarse, and rude; No fruits Mère there, but thorns with poison grew: Nor by the beasts that spurn the cultured ground, 7 Are stocks so rugged, or such tangled trees Betwixt Cecina and Corneto found.

Here the foui Harpies build their nesls, by whom Thc Trojans were expelled the Strophades, With mournful augury of ills to corne. Broad wings, a human neck and face they bear, 13 Clawed feet, and feathered paunch: And in it still are destined to abide, Till we arrive wilhin the sandy plain.

Wherefore observe;-— for tbings jrlH meet thinc eve, Whence confirmation will my words obtain. I do believe ne fancied tbat I tbought Thèse numerous cries were from the thicket sent By some who from our view concealment sought: Werefore the master llidi "Let but a shoot From any of thèse trees by thee be rent, It will al once thy présent thoughts confute.

Dwclls not a spark of pity in thy soul? Once were we roen,— now stunted trees behold: Thy hand to pity well might have inclined, Did this rough bark the soûls of snakes enfold. If I should haply my discourse prolong. My olfiee high so vell did I sustain, E'en slcep vas banished, life itself destroyed. And if you e"er regain the light of heaven, Let honour to my memory be restored, Still suffering from the blov by envy given.

But speak — and if it please thee, ask him more. When the tierce soul doth from the hody bound, Ry self inflicted violence estranged, Minos assigna it to this seventh round. Like others, we shall seek oui- mortal clay Rut nonc again their bedies may résume; Man raerits not the boon he throws away: For we shall drag them to thîs mournful glade; Here to be hung around will be our doom — Each on the thorn of his tormented shade.

On him, who crouching in the brushwood lay, They fixed their teeth ; and baving piecemeal vent. Carried the misérable limbs away. Me by the band the faithful leader bore. And guided to the tree, winch vainly sent Unceasing tears from many a bleeding pore. In thy unhallowed life what part had 1 1 " My guide exclaimed, when nearer him we stood; " Say who wast thou, who breathest, as I see, From out so many porcs words mixed with blood?

Avant tout, je demande grâce à leurs littérateurs et à la nation allemande, étranger qui n'ai Jamais habité leur pays, si j'ose me poser comme censeur ou pa- négyriste de leurs ouvrages; mais nos longues études sérieuses, commencées dès notre jeunesse sur cette langue pourront peut-être rendre excusable notre témérité.

Parmi les traductions allemandes on rencontre celle de Bachenschwanz impri- mée à Leipsick, celle de Ludwig Kannegieser en terza rima, et d'autres antérieures assez généralement tenues pour médiocres. De nos jours se présente celle de Philaléthès.

Le vers teiuUo a donné un grand avantage a railleur pour se rapprocher de la liltéralilé, des tours, des hardies- ses du poêle. Il fallait tout son courage, son talent , son savoir, sa persévérance pour se mesurer à un géant tel que Dante.

On sent quel lourd fardeau on porte, en ne s'occupant même du poète que comme poète, et à plus forte raison quand on cherche à l'approfondir dans ses élémens allégoriques, théologiques, politiques, scientifiques, historiques, littéraires; et tout cela à travers les diverses écoles de philosophie, matériaux accumulés dans une élaboration savante.

Le traducteur al- lemand atlaque corps à corps son rival, comme Hercule Carus; il l'étreint dans les replis de son intelligence, le serre, le presse, le pèse vers par vers, mot par mot, car à défaut de cette tactique, qui est la vraie, le poète glisse , fuit et vous échappe. Philalétlus est resté fidèle à son principe de traduction: En fait de tra - ducteurs en vers de Dante on n'a rien à opposer à Philaléthès ni à Wright. Ces travaux importants et tout à fait neufs n'ont point échappé à Balbo, ni à Missirini Viia di Dante.

Si au lieu du vers sciolto l'auteur eût suivi en allemand le système de la terza rima de Dante, sa traduction n'aurait-elle pas acquis quelque chose de plus sans perdre de sa littéralité, quoique le mérite en soit déjà grand? La langue allemande si savante, si poétique, si souple, si sonore n'eût-elle pas ajouté quelque chose de plus progressif à son génie, déjà si développé. Nous devons croire que des considérations philosophiques, que ne peut pas toujours ap- précier quiconque n'est pas né et n'a pas été élevé dans une langue, détermi- nent l'écrivain dont elle est la langue maternelle quand, pour interpréter un poète, il adopte ou rejette la rime, et sur ce l'on ne peut que respecter son opinion.

Nous nous permettons de citer ici le Chant 27 du Purgatoire pour donner une idée de la traduction de Philaléthès aux personnes qui entendent l'allemand. Wie Jener ist, der in das Grab gelegt mird. Ich streckte mich, verscbrànkend meine Hânde. Und blickt' auf s Feuer, lebhaft micb erinnernd 18 Verbrannter einst geseh'ner Menscbenkôrper. Da wandten sich nach mir die guten Fûhrer, Und zn rair sprach Virgil: Als er mich immer noeh so fest und starr sah, Sprach er etwas bcwegt: Das Haupt d'rob schûttelnd.

Dann trat er vor mir her hinein in's Feuer. S t a t i u s ersurhend, hinter mir zu gehen, 48 Der erst getrennt uns hatt' auf langer Strecke. Gleichwie bei'm Wiederkâun geduldig liegen Die Geisen, welche rasch und dreist erst waren 78 Auf Bergesgipfeln, eh' sie sich gesâttigt, Still in dera Schatten, weil die Sonne gliihet, Bewahrt wom Hirten, der, auf seinen Stecken Gelehnet, ruht und so gelehnt sie hûtet, Und wie der Schâfcr, wenn er auswàrts herbcrgt, Vor seiner Heerde ruhig ûbernachtet, 84 Wach' baltend, dafs kein Raubthier sie zerstreue, Gleich ihnen waren aile Drei wir jctzo, lch gleich der Geis, und Jene gleich dem Hirten, Und beider Seits hielt uns der Fels umschrânket.

Von Dem, vu draussen, war hier wenig sichtbar ; Dooh durch diefs Wenigc sah ich die Sterne 90 Weit leuchtender und grôsser als gewôhnlich, So d'rûber brûtend und nach Jenen schauend, Ward ich wom Schlaf erfasst, vom Schlaf, der oftmals Vor der Begebcnheit schon hat die Kunde. In iener Stunde, glaub' ich, vo von Osten Zuerst den Berg bestrahltc C y t h e r e a, 96 Die stets zu glûhen scheint von Liebesflammen, War mir's, als sah' ich jung und schôn im Traume Ein Weib auf einem Plane sich ergehen, Das Blumen pflûckt' und singend sprach die Worte: L'Anthologie russe de a cité l'épisode d'Ugolin traduit par Streekfuss en tercets.

Hillerand, an- cien étudiant de l'Université de Giessen et de celle de Heidelberg, a soutenu une double thèse en Sorbonne pour le Doctorat, l'une en latin, de Sacro apud Chri- stianos Carminé, Dante, Milton et Klopstock. L'autre en français, Dino Compagni étude historique et littéraire Journal des Débats juillet Dans cette même antho- logie que nous avons citée, le 2Î et le Nous devons la communication de cette note à notre ami M.

De Porry de Marseille qui très-versé dans la langue russe, dont il a tra- duit quelques poètes, peut juger du mérite des auteurs dont la langue lui est aussi familière que la langue italienne , témoin ses amours chevaleresques et ton an- thologie, les fU urs de la littérature russe.

L'Espagne moderne n'a rien mis au jour sur Dante, si ce n'est une traduction ancienne de Villegas peu répandue. Dans un ouvrage du professeur Cambouliu intitulé Essai sur l'histoire de la littérature catalane, il s'y trouve un fragment de Dante traduit en cette langue.

Codex et Éditions modernes de Dante. La bibliothèque des bénédictins de Cutané possède aussi un Codex manuscrit de la Divine Comédie et qui n'est point connu hors du pays. Le père Délia Mara a fait là dessus un travail important encore inédit, et dont nous avons une copie. Il y relève les erreurs , les omissions de vers qu'on y rencontre de temps en temps, mais il s'y trouve néanmoins la plupart des bonnes variantes admises dans les éditions les plus correctes.

Les pères Torna- bene et Caflîci ont publié sur ce Codex diverses observations qui ont été insérées dans les actes de l'Académie de Catane. Le Paradis n'a qu'un chant. Le manuscrit n'a jamais été terminé, le pa- pier y reste en blanc et rayé.

On doit distinguer parmi les éditions de Dante en Italie celle que sous la di- rection de M. Nistri, libraire à Pise, a publiée avec les com- mentaires de Francesco Buti, ouvrage d'une belle exécution, et précieux par l'ex- cellence et l'étendue des matières, et la correction typographique. Les commentaires des vingt-quatre chants du Paradis, attribués à Pétrar- que, récemment découverts et édités à Florence par M. Palermo, bibliothécaire du palais Pitli.

En France, la nouvelle édition de Dante, traduction en prose de Pier Angelo Fiorentino, avec des illustrations, publiée par M. Hachette, magnifique publication à laquelle nous nous plaisons à rendre l'éloge qui lui est du, ainsi qu'à l'éditeur et au traducteur dont nous avons déjà parlé.

Une grande querelle s'émut en Allemagne, du temps de Rabner, pour décider si I on devait rejeter ou conserver la rime dans la poésie; la discussion fut vive et soutenue par les plus grands écrivains de l'époque. L'illustre Satirique avait même composé , contre les ëtoufleurs de la rime , une pièce de vers pour faire sentir à ses compatriotes la nécessité de la conserver. Klopstock parut plus tard, et son génie montra que le vers sciolto pouvait avoir son droit de cité sur le Par- nasse, comme aurait dit Bodmer: Auch sciolti kônnen sich auf den Parnassus schwingen ; mais malgré le génie de Klopstock la rime a été généralement conservée.

Une dis- cussion de ce genre eut également lieu en Angleterre du temps de Roscommon. II était, lui, pour la proscription de la rime, et Mi II on, en publiant le Paradis perdu, sanctionna le triomphe du sciolto. Ce qu'on ne peut nier c'est que ce vers se soutient admirablement en Allemand , en Italien, en Anglais.

Il est dans le génie de ces langues comme la rime n'est pas dans celui de la langue grecque, ni de la langue latine, ni de l'hébraïque.

Les cantiques de David, Job, Isaïe, Jérémie, et la plupart des autres livres saints, sont-ils autre chose que des vers scioltiï On croit , on a cru jusqu'aujourd'hui que le vers blanc, ou sciolto, ne pourrait pas se soutenir dans la poésie française, et pourquoi non?

A des époques assez distantes l'une de l'autre on avait tenté en France une réforme dans l'orthographe. Les innovateurs ne purent réussir dans leurs bizarres prétentions: Cette réforme fut et est tenue non-seuleiwnt comme absurde, mais encore comme impossible. MINAIKK Sous Duclos, sous Voltaire on revint encore à la charge dans le sens do li pre- rnière innovation, mais on ne put y gagner, malgré quelques ouvrages lancés dans le public, qu'un léger bien-être linguistique, oculaire, auriculaire, ou oral.

Jadis, quand un homme vous venait rmhraxsrr avec joie, Il fallait le payer de la même monnoie. Ce qui avait fait dire à un barbier du pays latin qui pour enseigne avait pris une oie qui rasait: Les roots devinrent plus tard la monnaie du langage. François, au dire de Voltaire, ne devait pas être confondu avec le Français, et VA fut substitué à 10 en certains substantifs, ainsi qu'aux imparfaits et aux conditionnels; innovation, à la quelle, pour ces derniers, les typographes modernes ne se conforment pas toujours; et qui pourrait rendre raison de leur caprice!

L'introduction du seiolto essayée aussi à cette époque par Voltaire, et autres ne put pas mieux réussir; c'est que le classique se maintenait dans son éclat, et son vers, osons le dire, dans son impoétique monotonie, et nul n'osait ce qu'ont osé plus tard nos poètes modernes , l'affranchir d'une partie de ses entraves, dé- chirer les langes qui l'étreignaient et l'empêchaient de se dresser indépendant, de toute, et au delà de sa fiauleur.

Le néologisme de Louis quinze, et du règne suivant ne le dominait pas encore; c'est que la langue, quoique belle, n'était pas encore assez mûre, et qu'il fallait qu'elle montât encore. Un homme de génie fait autorité quand il ose; on s'incline devant lui, on respecte son opinion, il devient le modérateur de son siècle, on l'écoute, on l'i- mite, on l'adopte. Si Chatcaubriant, Lamennais, ou tout autre assez influent par son génie et ses écrits, au lieu de traduire mot pour mot l'un Milton, l'autre Dante, eussent essayé le vers seiolto en conservant, ce qui est facile, l'énergie, le poé- tique, et surtout l'harmonie du vers, ils eussent, je n'en doute pas, fait une ré- volution dans le langage français poétique monté aujourd'hui à une haute transfor- mation.

La poésie n'est pas toute dans la rime, elle est dans les pensées, les fi- gures, les tours, le style, le rhythme. L'enjambement de l'ancienne poésie redevenu aujourd'hui ce qu'il fut depuis que quelques poètes modernes ont commencé de le reproduire avec succès, quel- ques uns avec précaution et d'autres avec la fougue de leur génie ; ces construc- tions hardies que Ronsard avait extorquées à la langue latine, ainsi qu'à celle des Hellènes, mais en vain parce qu'il allait trop loin et qu'il manquait de goût; Racine, qui écrivait avec plus d'art, de tact, de délicatesse, a fini par les faire passer, et nos auteurs modernes les ont encore fait progresser.

L'hémistiche de rigueur, dédaigné aujourd'hui comme trop monotone, les licences poétiques plus 42 DISCOURS PRÉLIMINAIRE larges, plus Hères; le laisser-aller, l'indifférence, les irrégularités dans les rimes, leur omission , permettent au vers toute son audace, l'abandonnent à sa facile pente, à son harmonie, qui est tout à fait indépendante de la rime, mais qui n'a pas cependant le musical, le charme, la grâce du vers rimé.

Les uns y voient une langue nouvelle et bizarre, une dégénérescence flagrante, et vocifèrent même contre elle la fameuse clameur de Haro de Mézéray le normand.

D'autres, et peut-être avec raison, le tiennent pour un perfectionnement , si toutefois on ne pousse pas l'innovation trop loin ; si l'on ménage avec art ces métaphores que qualifie d'empanachées Victor Hugo , qui nous apparait au milieu de nos poètes comme le Jupiter Fulgurator du néologisme. Dans la pièce suivante d'un poète mo- derne, reproduite avec éloge par quelques journaux français, les vers que sont-ils si non des vers sciold , poétiques et très-poétiques.

Au lieu de les écrire com- me des vers de dix syllabes et dans les quels l'auteur a déplacé l'hémistiche qui devait être à la quatrième, et qu'il a annulé en fesant deux vers de cinq syl- labes, écrivez-les comme des vers de cinq, ce qu'ils sont en effet, qu'aurez-vous sinon des vers sciolti soit que vous leur donniez cinq ou dix syllabe?.

C'est à toi cher fils, Toi qui fais revivre Un nom si cruel Et si doux pour moi, A toi que je veux Dédier ce livre etc. Écrire désormais en français en vers sciolti devient et deviendra possible avec le temps et avec la langue actuelle. Traduire des vers sciolti en vers identiques, en composer, qu'on l'essaie, d'accord, bien, on peut y réussir, nous le pensons, sur- tout si l'on a une autorité, un génie transcendants pour les faire passer.

Mais pour un poème rimé , la traduction qui rimera, acquerra toujours quelques beautés de plus et se rapprochera davantage de l'original sous tous les rapports: Et si l'on me passe cette comparaison, ou plutôt ce rappro- chement, c'est dans le groupe du Laocoon antique qu'il faut étudier le Laocoon de Virgile, et celui de Virgile dans le Laocoon antique.

Que sont devenus aujourd'hui cette critique d'alors sérieuse, sévère même, si l'on veut, mais toujours judicieuse, impartiale, vraie? Ces élo- ges toujours accordés au mérite, mais au mérite réel? Le temps a fait justice de la traduction d'Artaud de Montor, et surtout de son histoire de Dante Alighieri, re- gardée en Italie comme un prolisso centone a mosaica gonfktfo di cose estra- nee Note de la traduction du livre de la Monarchie.

Je n'affirme rien par moi-même, je ne fais que rapporter l'opinion des é ru- dits italiens. Antoni Deschamps a traduit en vers une quinzaine de Chants choi- sis dans les trois poèmes, parmi lesquels le 5. C'est par son livre qu'on a commencé en France à lire et apprécier mieux Dante. A-t-il bien su éviter dans sa traduction cette poésie courtisanesque con- tre laquelle il dit dans sa préface qu'on doit se tenir en garde?

Les illustrateurs de Dante ne sauraient lui être trop reconnaissants de son travail. Sébastien Rhéal, très-versé d'ailleurs dans les choses de l'Italie, et connu par d'autres ouvrages, a traduit Dante comme on écrit un Roman ; Dante, dont la poésie est toujours grave, majestueuse, sonore, il a voulu en faire un livre agréable à lire. La traduction de M. A roux, jugée au point de vue de la poétique, est un mé- lange de vers désordonnés, tantôt à rimes plates, tantôt à rimes croisées, ou li- bres ; sans compter que l'auteur s'embarrasse quelquefois fort peu de l'intelli- gence du texte.

On regrette de voir tant de science car M. Les Saints du Paradis devenus des Rose-croix, des che- valiers Kadosh, des Noachiles ou chevaliers prussiens, descendants de Phaleg pe- tit-fils de Noé, grand architecte de la Tour de Babel; puis viennent les quinze Élus, les grands Élus, le grand Maître et le Paradis lui-même, le temple, le Sanc- tuaire de l'ordre occulte. Aroux, votre livre prouve trop, comme on l'a déjà dit. Puis brochant sur le tout vient lhéréticilé de Dante démontrée, mais démon- trée contre l'évidence.

Cette accusation d'héréticité étonnera moins quand on ré- fléchira qu'elle était devenue jadis une accusation banale. Jérôme a entaché d'héréticité Eusèbe le célèbre et savant évêque de Césarée dont il était l'ennemi déclaré: Eusebitim doclUtimum, doclimmwn dico y sed non caiholicum, reproche dont on l'a pleinement justifié de nos jours, et quelques siècles plus tard l'encomiaste de la folie ne se raillait-il pas facétieusement de ces bénévoles censeurs qui, n'osant ni!

Si comme lecture d'agrément elle est nulle, c'est la faute du système; mais ce mélange de Néologis- mes, d'Archaïsmes, ces constructions inverses quand le texte ne les porte pas, ces inversions, qui ne sont pas littéralement reproduites, ne font de cet ouvrage qu'une simple étude d'auteur sur un grand poète que le traducteur a défiguré plus d'une fois: L'introduction écrite en style mâle, vigoureux , le style de l'Indifférence en matière de religion, a substitué la félonie à la foi; on y sent le Tertullien mo- derne à qui une ambition avortée a fait prendre le bonnet phrygien: Brizcux a traduit en prose littéralement, et exposé d'une manière claire, lu- cide les pensées les plus enchevêtrées de Dante, mais d'un style un peu froid.

Moris, prose fidèle, coulante, poétique, correcte. Ménars membre de l'ins- titut, tout en rendant justice au mérite de ceux qui l'ont précédé a dit, dans sa préface, une rhose bien vraie: La sienne d'un style large, facile, harmonieux ne nous parait point inférieure en mérite à la précédente.

De Mongis a traduit les trois poèmes en vers, à rimes plates; M. Ratis- bonne, dont la traduction a été couronnée et récompensée par l'Académie fran- çaise, a traduit aussi les trois poèmes en vers en adoptant le tercet français, mais non la terza rima de Dante. Qui dit en Italien terzina dit triple rime, tandis que le tercet français n'a, dans notre langue, que deux rimes diversement combinées. Si l'on nous demande, où trouve-t-on en France les véritables interprètes de la pensée et du génie de Dante?

Mais si l'esprit de Dieu est dans le petit oiseau qui chante et qui voltige, nous ajouterons, en continuant et en para- phrasant cette pensée de Nodier: Dante au moyen âge qui, ayant puisé à des sources apo- cryphes ou peu limpides, le mutile, le déchire, le tue.

Je ne puis terminer cette énumération de traducteurs sans tourher quelques mots d'une question déjà mise en avant par Balbo, dans la vie de Dante, et qui sera comme le complément de ce qui précède.

Si les étrangers avaient un Dante, il - y a long-temps que de tels travaux seraient exécutés. Plan magni- fique pour ne nous occuper que de cette dernière partie , ouvrage immense dont les matériaux épars se réuniraient avec le temps et quelque peine, et dont beau- coup d'autres pourraient encore surgir en Europe, des diverses écoles de pein- ture, attendu qu'aujourd'hui on peut dire de Dante que sa réputation est totum vulgata per orbem ; ouvrage qu'un gouvernement seul, ou une association de li- braires riches, pourrait réaliser avec le concours des artistes qu'on trouve en ce moment en Italie; ouvrage dont l'exécution est possible et qui ferait honneur au- tant à l'Italie qu'au siècle actuel, si par une souscription générale on 'élevait à la gloire du grand poète comme Musée iconographique Dantesque.

Indépendamment de la nouvelle édition que vient d'annoncer la commission établie pour la construction de la Loggia dei Lanzi à Florence, voici, je pense, sur quel plan on pourrait développer l'idée émise par Balbo. Dans cet ouvrage de luxe figurerait une vie de Dante dégagée de tontes les absurdités et les inepties qui la déparent; un texte correct établi par une réu- nion d'Académies, et définitivement fixé ; un choix de commentaires des notes lit- téraires, historiques et scientifiques.

Les portraits de Dante dans les divers âges de sa vie, les médailles an- ciennes qui le reproduisent, parmi lesquelles celle du cabinet impérial de Vienne, mentionnée par Apostolo Zeno; celle de Put in atti; celles qui ont été publiées par Mazurhclli ; dans l'une Dante s'y trouve accompagné de Pétrarque et de Virgile.

Le masque de Dante moulé sur sa figure dit-on après sa mort. Le portrait de Réatrix reconnu comme ouvrage authentique de , décou- vert et public par Missirini. Le buste exécuté par Baccio Valori en Les sujets des diverses compositions anciennes prises dans la Divine Tri- logie.

Il est étonnant, dit Missirini, che qucgli argomenli, tanto bene significcUi c modellali da Dante, non sténo alati da vatente Scultorc nel marmo eseguiti; per- ché non sapremo abbastanza sospingere i valorosi nostri artiali ad ornarsi di quesla opéra per loro gloria e per vantaggio delta morale.

Les deux fresques du Vatican de Raphaël, l'une le Parnasse, l'autre la Dispute des Docteurs où Dante est mis en scène. Les gravures de Bacrio Baldini ciseleur Florentin , exécutées il' après les dessins de Sandro Bouicelli, ornement de l'édition de , de JVt- colô delta Magna, première édition de Dante à Florence, le second livre qui fut orné de planches sur cuivre ; puis celles de Poccettii celles de Vincenzo Bor- ghini, qui empruntait à Dante son Lucifer; de Paolo Farinata degli Uberti pein- tre florentin qui peignait à Vérone des fresques dont les sujets sont tirés de l'en- fer ; les divers sujets traités par Dall'Acqua, Alessandri, etc.

Les dessins de Michel-Ange, dont les sujets étaient pris dans la Divine Comédie, sont une perte irréparable pour les arts et pour la science; peut-être un jour quelque génie transcendant pourra nous en donner quelque compensation; en attendant réunis- sons aujourd'hui tout ce qui pourra rehausser le génie de Dante et nous éclai- rer pour l'intelligence du poète. De Vernon avait, dit-on, commencé un recueil de ce genre, mais son travail est resté inédit ; c'est lui qui a reproduit le masque de Dante, lithographie dans plusieurs éditions.

En suivant les progrès de la peinture, on rencontrerait les compositions du seiaième siècle qui, par l'histoire sainte, l'histoire profane, ou la mythologie, tien- nent à la Divine Comédie, ou qui se rattachent à l'art antique.

La Niobé mourante, par exemple ; la Veuve aux pieds de Trajan, bas-reliefs de l'antiquité. Le tableau de l'Anonciation , de Giotto, fait sur la description de Dante, ou Dante le reproduisant d'après Giotto, car Dante excellait non-seulement à inventer, à esquisser un sujet, et mieux que personne il a identifié la philosophie et la poésie à la peinture graphique des choses, aussi bien que l'ont fait plus tard Poussin et Mengs à l'aide des couleurs et du pinceau, l'un comme peintre philosophe , l'autre comme peintre littérateur.

En continuant notre énumération nous rencontrons: Raphaël, en face de Dante, dans la vision d'Ézéchiel; Rubens dans la mort de Cyrus: Moatrava la ruina e 'l crudo scempio, Che fe' Tamiri quando diste a Cira Sangue aiaitti ed io di mngue t'empio, fait apocryphe, il est vrai , mais qui n'en a pas moins produit de beaux vers et de belles peintures.

Mais qui nous dira pourquoi Dante a préféré suivre Hérodote plutôt que Zénophon et Cicéron, qui font mourir tranquillement Cyrus dans son lit, rappelant à ses enfants l'immortalité de l'âme et leur recommandant de dépo- ser son corps dans la terre.

Vedea colui che fu nobil creato Prît d'altra creaturo, giii del cielo Folgoreggiando scendere da un lato. Vedea Briareo fitlo dal lelo Celestial giacer dalïallra parie Grave alla terra per lo mortal gelo. Quels extrêmes le seizième siècle réunit, quels génies en présence , Ovide et Dante ont décrit, Jules Romain les traduit par le pinceau, les développe, les explique.

On pourrait étendre plus loin ces recherches et ces rapprochements, le Musée Dantesque est bien autrement intéréssant que le Musée de la nouvelle cité de Carlhage, le bouclier d'Hercule, d'Achille ou d'Énée. Là se grouperaient encore les belles compositions de Sadler, et autres gravu- res anciennes; puis les compositions modernes: Les gra- vures d'un ouvrage en font souvent mieux entendre le texte que les traducteurs et les commentateurs.

Les peintres modernes fourniraient aussi leur contingent au monument iconographique dantesque. La mort d'Ugolin, et autres sujets de la Divine Comédie sont sortis de plusieurs pinceaux, et formeraient un commence- ment de peintures dantesques comparées. Délia Vallc de Livonrne, Béatrix montrant à Dante le siège vacant d'Henri VII dans le Paradis, surmonté d'une- couronne, dans les contours les emblèmes des sciences, et des lettres, les blasons des villes de l'Ita- lie, les sujets de Farinata, de Sordello, de Manfredi etc.

Les belles compositions des peintres français embelliraient aussi cette édition: Delacroix par cette peinture vigoureuse où le rude Caron passe dans la barque Dante et Virgile, au milieu des ombres qui les assiègent. Ingres par sa Franecsca de Rimini lisant avec Paul les aventures de Lancdot.

J'en terminerai avec Schefler par cette note de Lenormand Correspondant 25 Juillet Dante est un rude jouteur pour Schefler; il suffit de voir comment il a rendu la tête puissante du florentin.

Cette grande forme du génie, tourne sous son crayon à la vieillesse efféminée , mais il comprend Béatrix , il sait aussi répandre un souffle d'amour et d'ineffable tristesse sur ce tourbillon infernal dans lequel Françoise de Rimini passe avec son amant. Ce dernier ouvrage, une de ses compositions les plus re- marquables, a étonnamment gagné dans la répétition qu'il a faite de ce sujet Le mouvement des ligures est le même , l'expression n'a rien perdu de sa douleur pénétrante, et les corps qui roulent dans l'ombre ont acquis une réalité qui ajoute à l'effet de la scène pour la première fois, peut-être, c'est de la chair qui pal- pite sous le pinceau, presque toujours exclusif, de la pensée.

Météores intellectuels, apparus à cinq cents ans de distance l'un de l'autre, Dante et Klopstock forment les deux extrêmes de la pléiade des grands poètes de à Malgré sa vétusté réelle Dante n'a pas de décadence commencée, ni prochaine , ni possible ; il est pour notre âge bien au-dessus de ce qu'il fut pour ses contemporains; colosse, prodige, miracle de l'intelligence humaine, ii rayonne au milieu de nous, toujours jeune de gloire et d'immortalité.

Son triple poème nons semble un défi jeté aux siècles à venir , un monde abandonné aux investigations, aux disputes de la science. Cependant point de comparaison possible entre ces deux poèmes. L'invention, le plan, les acteurs, l'exécution, rien de l'un ne ressemble à l'autre: On ne saurait en dire autant de Klopstock: Il fut, tour-à-tour, soldat, ambassadeur, prieur de la République de Flo- rence.

Rejeton d'une famille illustre, il naquit à Florence pendant l'exil de son père ; il mourut lui-même dans l'exil, et l'enfer, selon l'expression de Madame de Staël, s'offrait à lui sous les couleurs de l'exil. Dante que d'obscurs poètes, ou plutôt des poètes nuls, avaient précédé, a fondé la première nationalité de l'Italie du Mont-Cénis au Mont Etna, par la créa- tion d'une langue et d'un poème tout à lui comme à elle.

Son vers, physionomie de son âme, calme, grave, sévère, énergique, incisif, se plie à tous les caprices, à toutes les exigences de son imagination ; harmonieusement simple , noble , il s'abaisse à la familiarité la plus naïve, et s'élève quelquefois au sublime.

Vivante encyclopédie de la science des générations mortes, légendaire de toutes les époques, croyant éf lairé, profond, vrai, Dante fait retentir sa lyre sous les mftles inspirations de l'austère philosophie devenue ancilla théologie et si sa verve caustique, sa vertueuse, je dirai presque sa sainte indignation fronde, flétrit, stygmatise tes abus, il respecte sincèrement le principe.

Il descend le lecteur dans tes gouffres des damnés, dans des régions inarbordées qu'il se crée à lui-même, sombres ou enflammées, sanglantes ou fétides, glaciales ou ardentes, sans espoir d'avenir, sans avenir d'espoir, et où F atrocité des peines contre- pèse toujours l'énormité des fautes.

Quant aux criti- ques, si tes uns ont, dans leur admiration, atténué, excusé les défauts du Dante, il en est d'autres qui n'ont pas toujours jugé te poète, le philosophe, le citoyen, l'homme d'état, sine ira et odio. Klopstock naquît de parens pauvres, obscurs, mais son génie te révéla bien- tôt, et l'appelle à vingt ans dans te palais des roi. Là, il s'abandonne à loisir à toutes ses inspirations.

Là , sous la splendeur des lambris , environné do silence et de la solitude de la tombe, il évoque devant lui cinq grands siècles éclos après que les morts antiques; il assiste à l'origine, aux progrès, à la décadence des empires, aux luttes politiques et religieuses qui ébranlent, ensanglantent un monde nouveau , et plus tard l'Europe. Il a vu le dogmatisme schotastique vieilli, usé, renversé par Descartes; de nouvelles écoles philosophiques s élever entre le pan- théisme et l'incrédulité ; des découvertes inattendues succéder an perfectionne- ment des sciences dont elles agrandissent l'horiion.

La langue tudesque, si barbare, si âpre, si rude sous ses prédécesseurs, se retrempe , s'épure , s'ennoblit sous sa verve ; elle se poétise et se cadence dans son vers majestueux, tantôt grondant comme l'empire des démons, tantôt mélan- colique comme l'Elysée des peines, ou resplendissant comme le Saint des Saints.

Tous deux théologiens , nos poètes ont abreuvé leur âme à la fontaine bi- blique , à cette langue riche , abondante, harmonieuse, simple et sublime comme la pensée du monde, à cette langue qui croulant avec sa nationalité léguait à sa descendance le monument impérissable de ses annales, et le modèle Tune litté- rature surabondante des inspirations du ciel. Si la mo- deste Béatrix, belle d'attraits, belle de la naïveté du jeune âge, captiva l'âme du Dante, en domina la vie entière par le souvenir d'une affection vive, pure; si l'orgueilleuse Fanny rebuta l'homme-poète, le poète roturier, Klopstock!

Le destin rigoureux à Dante le rappelle, dès le premier seuil de son douziè- me lustre des rives du temps aux rives de l'Éternité qu'il a déjà vues. Les an- goisses, les tortures morales, les déceptions ont brisé sa vie plus que ses poéti- ques veilles.

Si l'envie l'obscurcit un instant: Mais, moins heureux que Dante, Klopstock, malgré son double hymen, ne laissa pour toute descendance que la fille de son imagination, sa poé- sie , qui devait lui survivre , comme à Dante la sienne , comme sa Mantinée à Pnisque nous avons mis Klopstock en parallèle avec Dante, nous devons don- ner quelques détails de plus sur ce célèbre poète allemand.

Klopstock sortit des rangs les plus bas du peuple; il vécut dans la misère et la soutint noblement. Le sentiment de son génie le fit, en quelque sorte, renaître de soi-même; il consu- ma sa jeunesse dans les méditations , les extases , les veilles et les travaux ; il se montra de bonne heure ce qu'il était et ce qu'il pourrait devenir ; il tenta le dernier effort de l'esprit humain, et apparut avec une création épique sur la scène de la Germanie renaissante; il consolida l'idiome allemand, fonda une école nationale de poètes, d'où devaient éclorre Goethe et Schiller; enfin il ravit l'ad- miration des savants; il fut traduit dans toutes les langues du Nord, lu dans tou- tes les universités d'Allemagne et de Quedlimbourg , Cbéronée inconnue où il était né en ; il monta à Copenhague dans te palais des rois: La première édition complète de ce poème en vingt chants, parut à Halle en , et la seconde en à Altona.

En , Klopstock fut nommé membre correspondant de l'institut de France, et le 4 mars , il mourut à Altona. Voici les principales traductions publiées , soit pendant la vie de l'auteur , soit après lui: Lewexovius, recteur du collège d'Anclam dans la Haute-Saxe, publia en grec les trois premiers chants, in-a. Louis Neuman, recleur du collège de Horn dans la haute Allemagne, la tra- duisit en prose latine. L'auteur a jugé à propos de réduire à neuf les dix premiers chants.

En , Christian Groonweld a publié en vers hollandais, sous le titre d'Essai, le premier chant du Messie. Cette traduction, offerte à Klopstock, lue en présence de son ami Giacomo Zigno, savant italien, dont nous parlerons plus bas, fut entièrement approuvée par l'auteur de la Messiade. Le père Sigisfroid Wiser, professeur de philosophie au collège de Levembourg, traduisit en vers latins les dix premiers chants.

Tout ce que Klopstock a de grand et de sublime, a été reproduit dans l'idiome latin. Achever les dix autres chants, lui paraissant une entreprise pénible et longue, il s'associa son frère Otton Wi- ser, également professeur de philosophie a Marbourg dans la Slyrie, et à eux deux, ils achevèrent, en prose très-éloquente, la traduction de Klopstock. Elle passe en Allemagne pour le plus beau monument littéraire élevé à la gloire du poète. Giacomo Zigno a doté sa patrie d'une traduction en vers italiens, littérale, élégante: Zigno était l'ami de Klopstoek; il nous a laissé sur ses relations avec lui des particularités très-curieuses.

Sa traduction devait bien avoir mérité l'assentiment de Klopstoek, puisqu'elle est ajoutée à la suite de l'édition allemande imprimée in Collyer a traduit en anglais, et en prose, les seize premiers chants.

Quatre éditions successives en ont été faites à Londres. Elle est assez littérale en ce qui ne touche point au dogme, mais elle altère Klopstoek quant au fond du poème, n'admettant en J. Klopstoek a toujours désapprouvé cette tra- duction. Meek, autre poète anglais, a continué la traduction de ce poème, mais a jugé à propos de ne pas y comprendre le Etton, auteur de divers ouvrages, a produit une traduction en vers anglais sciolti, qui, Adèle en tout à son modèle, est infiniment supérieure à celle de Collyer.

L'Italie s'est depuis quelques années enrichie de divers travaux sur la Mes- siade. L'Abbé Pensa de Milan a publié, en , une traduction en vers êcioltù littérale, il est vrai, et préférable de beaucoup à celle de Zigno, mais peu poéti- que.

Le chevalier Andréa MafTei a fait regretter que les fragments de la Nesxiadc qu'on connaît de lui, n'aient pas été suivis d'un plus ample travail. Le savant et laborieux Cereselto a légué naguère à la littérature italienne son admirable interprétation des vingt chants de la Mtuiade en vers scioUi.

Je ne sache pas qu'on ait traduit, ni peut-être même introduit, la Meuiade en Espagne. Sa traduction est, jusqu'aujourd'hui, ce qu'il y a en France de mieux et de plus complet sur le poème de Klopstoek, mais ce n'est pas encore Klopstoek. Si madame la baronne a voulu écrire pour être lue des gens du monde, elle y a réussi: Le style de Klopstoek, selon la belle expression de Bertôla, elevaUmmo camina.

Or, je demande si ce ton élevé domine dans la traduction de madame de CarlowHz. Si elle a écrit, où prétendu écrire, pour faire entendre le texte, pourquoi paraphraser, ajouter ce qui n'est pas , retrancher ce qui est, même quelquefois jusqu'à quinze et vingt vers de suite.

Alexan- dre tenait à Homère ; quelle humeur belligérante! Louis XII lisait habituelle- ment les offices de Cicéron: Voltaire avait fait son vade-mecum des Provinciales de Pascal: Dans ces traducteurs dont nous venons de parler, Dieu, sans doute, y ré- side bien comme dans Klopstock, mais il n'y respire point de la même manière.

Non, nous n'entendons point de sa bouche profonde Eclater celte voix créatrice du monde. De tous ceux qui ont jugé ce poète, Bertôla est celui qui l'a le mieux apprécié: Madame de Staël, dans son ouvrage sur l'Allemagne, prétend que peu de Fran çais entendent l'allemand: Racine et Corneille, ajoute-t-elle, ne l'auraient pas traduit!

Cette opinion me parait très-hasardée: Le Messie s'avance vers les tombeaux, et délivre Somma qui était possédé du démon. Unten am milternlchtlichen Bergen waren dite Grâber In zuzammcngebirgte zerrùtete Felsen gehauen. Samma, so biess der besessene Mann, lag neben dem Grabo Seines jûngsten geliebteren Sohns in klâglicher Ohnmachl.

Satan Hess ihm die Ruh; ihn desto ergrimmter zu quâlcn. Jenen todten, den der Vater beweinf und der Brader. So rief der kleinc geliebte Benoni , Und entflohe der Mutter Arm, die angstlich ihm nachlief; Ach mein Vater, umarme mich doch! Der Vater umfassct ihn, bcbet! Da mit kindlicher Inbrunst nun der Knabe ihn umarmte, Da er mit sanft liebkosendem L u hein ihn jugendlich ansah , Warf Hin der Vater an emen entgegenstehenden Felsen, Dass sein zartes Gehira an blutigen Steinen berabrann, Und mit leisem Bôcheln entfloh die Seele voll Unschuld.

Jetzo klagt er ihn trostlos, untf fasst das kalte Behittniss Semer Gebeine mit stcrbendem Arm. Mein Sohn , Benoni!

Ach Benoni, mein Sohn! So sagt er und jammemde Thrânen Stûrzen vom ange, das hricht; und langsamstarrend dahinstirbt. Also lag er beklommen von Angst, da der Mittler hinabkam. Satan batte bisher aus der Fem nur Samma gepeinigt. Aus den tiefsten entlegensten Enden des nâchtlichen Grabmahls Standt' er langsame Plagen hervor.

Samma spraug auf, dann fiel obnmachtig von neuem er nieder- Sein erschûtteter Geist, er rang noch kaum mit dem Tode!

Riss ihn, von dem môdrischen Feind' cmpôret zum Unsin, Felsen an. Aber du warest scbon da, schon trug voreilend die Gnade Dein verlassnes Geschôpf auf treuen allmâchtigen Flugeln, Dass er nicht sank.

Ihn scbrekte von fera die xommende GottheU. Da erkannte der bange verlassene Samma Seinen Retter. Jns bleirhe Gesioht voit TodesKestalten Kam die Menschheit zurûck, er scbrie, und weinte gen Himmel; Woltte reden, allein kaum konnt'er, von Freuden erscbûttert, Rebend starameln. Doc h breitet' er sich mit sehnlichen Armen Nach dem Gôttlichen ans, sah mit getrôstetem Auge, Voll Entzùckuug, nach ihm von seinera Felsen herunter. Jésus descendit de la montagne et s'avança vers les tombeaux. Ils étaient si- tués au nord du mont, taillés à sa base, sans ordre, dans une chaîne de rochers.

Un bois épais , où les arbres entrelaçaient et serraient leurs branches tondues , en défendait l'accès aux voyageurs. Un faible jour éclairait à peine ces lieux som- bres et humides, lorsque le soleil dans l'éclat du midi dardait ses rayons sur Jé- rusalem. Samma c'est le nom de l'infortuné que Satan tourmentait était étendu assoupi, et sans force, auprès du tombeau, et des membres à demi corrompus du plus jeune, du plus aimé de ses AU.

Satan ne laissait sommeiller sa rage que pour se réveiller plus terrible encore. Joël, l'aîné des enfants de Samma, assis à côté de son père, élevait à Dieu ses gémisseroens.

Ce fils, ce frère, l'objet de leurs pleurs, était venu vers son père désolé, que Satan, dans sa fureur, torturait et promenait au milieu des tombeaux. Sa mère, cédant à ses pressantes sollicitations, l'y avait amené. Tout-à-coup son père le saisit ; il frémit, et dans l'instant où son ils lui souriait avec une grâce en- fantine, et l'embrassait avec tendresse, il le lance avec force contre un rocher; ses membres se brisent, ensanglantent le sol, volent en éclats, et son âme inno- cente s'enfuit en soupirant.

Samma, plaintif, inconsolable, embrassait de ses mains défaillantes le froid monument où reposaient les restes de son fils. Tels, quand le char redouté de la vengeance roule dans les nues reten- tissantes , les athées , êtres méprisés , examinent de leurs retraites obscures , si les orages suspendus dans les airs ont cessé de menacer la terre. Satan n'avait encore tourmenté Sarama que de loin. Ses coups, lents à atteindre, ne partaient que de renfoncement des tombeaux les plus profonds, les plus écartés, les plus obscurs.

Tout-à-coup il se lève , s'arme de l'appareil épouvantable de la mort , et se précipite sur Samma. Samma recule , s'élance , et retombe aussitôt sans force. Tandis qu'égaré , rendu furieux par son cruel ennemi, il lutte péniblement contre la mort, Satan s'acharne sur lui, le transporte sur la cime d'un mont aérien; et là, à tes yeux, ô Juge du monde, il allait le briser contre un rocher pendant en précipice sous ses pas ; Tu parais et soudain prévenu par ta grâce, dont les ailes invisibles le soutiennent, cet infortuné mortel s'arrête sur les bords de l'abîme.

A l'aspect du Messie qui s'avance, Satan s'irrite, frémit et s'épouvante. Jésus jette sur Samma un regard de compassion qui pénètre son âme et ranime ses forces. Samma triste et morne reconnaît son libérateur: Indem ging von dem Versôhner Entsetssen Gegen ihm aus.

An dem Blatte Hing ein sterbendes Wùrmchen. Der Gottmensch gab ihm das Leben. Aber mit eben dem Blick sandt' er dir Satan Entsetzen!

So schreckt'ihn der Gottmensch Und die Satané sahen ihn, wurden zu Felsengestalten. Er dachte die Zukunft, Und den Vergang voll Seelcnangst. Denn er verliess die Emporer allein und unùbenrindlich Kam zu Gott.

Le Messie errait encore au milieu des tombeaux. Les derniers blasphèmes de Satan arrivèrent jus- qu'à lui. Sur Tune d'elles, Jésus aperçut un insecte près d'expirer: Tous les esprits infernaux, témoins de la frayeur de leur chef, demeurèrent immobiles comme de froids rochers.

Sur les marches les plus basses du trône de Satan était assis le séraphin Abdiel Abbadona, solitaire, triste, rêveur. Dévoré de remords, il se perdait dans l'avenir, et s'enfonçait dans le passé. L'un ne présentait à sa noire mélancolie que des supplices affreux, éternels et sans nombre; l'autre lui rappelait les temps heureux do son innocence, la tendresse qui l'unissait à cet autre Abdiel, son au- guste ami, qui, le jour de la révolte des anges, se signala par une action d'éclat, en présence du Tout-Puissant Inaccessible à la séduction, à la terreur, ferme et inébranlable, seul il abandonna Satan, seul il vint se ranger sous les drapeaux de l'Éternel.

Abbadona, marchant sur les traces du magnanime Abdiel, laissait dans l'éloi- finement les ennemis de Jébovah. Le russe assatanate con grandi tette sode leccano i coglioni e aprono il culo, elencati per Popolari. Inglese ma sara meglio se almeno prime lettere le mandi scritte nella loro lingua. Incontri con belle ragazze.

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